Opération Capelan, au rattrapage

Avant de crier victoire, il est toujours plus prudent de vérifier que les objectifs sont bien atteints.

La sécurisation du Capelan est le projet phare de notre association. Il aura fallu des années de réflexion et de concertation avec la municipalité et 2 phases de travaux pour que l’idée devient réalité.

La réhabilitation du site naturel, un pari toujours d’actualité

Le projet CAPELAN, tel que nous l’avions préconisé et ainsi conditionné par la DDTM (1), impliquait 3 dimensions :
• un recul du sentier pour une double mise en sécurité : des promeneurs et du site sensible ;
• une végétalisation naturelle : accompagnement d’une reprise végétale spontanée) ;
• une communication pédagogique transversale tout au long des opérations pour informer et sensibiliser les habitants.

Bilan 2019

Aujourd’hui, le recul du sentier littoral est effectif et offre désormais un passage plus sécure pour les sportifs et promeneurs de tout poils. Face à une érosion menaçante, et même critique sur cette portion du littoral, ce recul était la phase la plus urgente.

Nous nous réjouissons de sa réalisation, pourtant notre constat reste très mitigé. Cette seule étape achevée est bien loin de respecter le projet qui ne vaut que dans son intégralité pour respecter ses objectifs.

> une érosion toujours en marche

La végétation, loin d’être favorisée, a été arrachée à la pelleteuse pour le dessin du nouveau chemin Ouest en début d’année. Et aucune protection (ganivelles) n’a été installée sur la partie Sud déjà reculée.
Sans couvert végétal, le processus d’érosion du sol est toujours à l’œuvre selon les mêmes mécanismes : piétinement > compactage du sol > action de l’eau et du vent > déficit sédimentaire.
Ce ne sont pas les pierres qui remontent à la surface, mais la terre qui est emportée…
L’action mécanique de l’érosion est à l’œuvre, sans cesse, et ne pourrait être ralentie que par le ré-équilibrage fonctionnel du sol. La biodiversité est là un allié précieux pour retrouver cet équilibre.

> un respect paysager insatisfaisant

La qualité esthétique du Capelan a toujours eu un énorme pouvoir magnétique sur ses habitants. De la pointe Encanet à la presqu’île, la terre de Bandol a façonné ici un concentré de paysage méditerranéen aux couleurs des pins, de roche calcaire, de sol argileux et d’eaux turquoises qui séduit immanquablement.

BANDOL – Mémoire en images, de Nicole Guillot-Soupez, page 10

Le caractère sauvage et naturel du site a été revendiqué par des générations de cartes postales qui en ont vanté la beauté, même en noir et blanc.

Le paysage présenté par le sentier côté presqu’ile est actuellement apprivoisé et contenu entre 2 linéaires de grillages. Cette présence parasite une perspective sur le rêve et la pleine conscience de nature de ce site remarquable. Le résultat n’est donc pas encore satisfaisant.

Nous continuerons donc à exiger le respect et la mise en œuvre de la réhabilitation écologique de ce site exceptionnel qui ne peut se contenter d’une intervention a minima. Le cadre naturel du Capelan mérite mieux.

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(1) L’accord de la DDTM stipule le respect du caractère naturel du site : “Dans la mesure où ce projet permet de laisser la falaise évoluer naturellement, de favoriser l’aspect naturel du site par la mise en œuvre de barrières végétales et de ganivelles pour leur protection, de sécuriser le sentier naturel en le déportant de quelques mètres en arrière de la falaise dans les terrains communaux, je vous donne mon accord sur le principe des solutions adoptées.” extrait courrier DDTM du 28 Août 2017.


Modification simplifiée du PLU

Pour construire plus et plus vite.

Cet été, le 8 Août 2019, une procédure de modification simplifiée a été lancée par arrêté municipal (ARRP 14).

Comme toute “simplification” administrative, la modification simplifiée d’un PLU a pour objectif une accélération du processus, ici d’urbanisation*. La modification simplifiée permet de s’affranchir des contraintes du délai de concertation du public pour changer rapidement certaines règles de constructions du Plan Local d’Urbanisme. Un proverbe africain dit que “seul on va plus vite, ensemble on va plus loin”. L’objectif ici est d’aller plus vite. La procédure de modification simplifiée ne nécessitera pas d’enquête publique ; pour autant la mise à disposition du dossier au public est obligatoire et le conseil municipal devra en fixer bientôt les modalités.

*La procédure de modification simplifiée est issue de la loi n° 2009-179 du 17février 2009 pour l’accélération des programmes de construction et d’investissement publics et privés et de son décret d’application n° 2009-722 du 18 juin 2009. Extrait du Guide de procédure.

Une procédure de modification simplifiée se déroule de la manière suivante :

Au programme…

Pour l’heure, l’exposé des motifs dans l’arrêté annonce succinctement des précisions et interprétations ainsi que des ajustements de son règlement pour prendre en compte la nouvelle codification du Code de l’Urbanisme, pour clarifier certaines dispositions et permettre de nouveaux projets sur les éléments suivants :


• Les conditions d’accès pour permettre les extensions mesurées lorsque l’accès est inférieur à 4 mètres.

• Définir le niveau maximum de construction dans toutes les zones urbaines en complément des prescriptions des hauteurs.

• Mieux réglementer les toitures en pente autorisées avec l’introduction d’un calcul de la hauteur au point haut et les toits-terrasses non accessibles.

• Ajouter dans les dispositions générales dans lexique.

• Mise à jour des dispositions générales concernant les règles applicables aux lotissements.

• Déroger aux règles d’imperméabilisation des parcs et aire de stationnement de + de 100 m² dans le secteur N2c. [Parking du Capelan]

• Modifier l’article 13 UEb réglementant les créations d’espaces verts pour les surfaces commerciales. [zone commerciale de Super U, Espace Donna, Val d’Aran…]

• Corriger une erreur matérielle s’agissant de l’emplacement réservé sur la gare de Bandol supprimé lors de la révision du PLU dans la liste des ER et du plan de zonage mais maintenu dans le règlement.

• Réglementer la transformation de sous-sol, caves et combles en surface de plancher.

• Préciser l’aspect extérieur des constructions et l’aménagement des abords.

• Préciser certaines dispositions sur les conditions de desserte des terrains par les voies publiques et d’accès aux voies ouvertes au public.

• Autoriser la construction de piscines en zone N1 et hors EBC sur les terrains supportant déjà une habitation existante et à proximité immédiate de celle-ci.

• Ajout dans règlement zone AU1 [terrain des Grands Ponts] : “L’article AU 6 qui réglemente les implantation des constructions par rapport aux voies et emprise publique indique que toute construction susceptibles d’être admise dans la zone doit respecter un recul minimum de 25 m… Toutefois une implantation différente peut être autorisée pour les ouvrages et installations nécessaires au fonctionnement des services publics ainsi que pour les aménagements qui correspondent au caractère de la zone destinée à recevoir un espace sportif et ludique. Tout aménagement correspondant au caractère de cette zone bénéficie lorsque cela est nécessaire de règles assouplies notamment en ce qui concerne leur implantation par rapport aux voies, aux limites… Dans la mesure où elle bénéficie d’une intégration satisfaisante dans l’environnement »

Le contenu du dossier complet mis à disposition devrait expliciter et détailler le propos pour chaque point.

Villa individuelle en construction en 2017 à la pointe du château

Une sécurisation du PLU

Le choix d’une telle procédure résulte généralement d’une simple volonté de rectifier des erreurs matérielles relevées dans le règlement écritƒ et d’apporter des précisions réglementaires nécessaires à la bonne instruction des autorisations afin ƒde faciliter la compréhension du Plan Local d’Urbanisme par les usagers.

Cependant, la seule énumération des points à modifier dans un vocabulaire choisi (“déroger”, “autoriser en zone N1”, “règles assouplies” en zone inondable…) laisse penser que cette modification n’ira peut-être pas dans le sens d’une protection accrue des espaces naturels, agricoles ou littoraux et d’une adaptation aux risques naturels.

A priori, ces ajustements visent à mettre les futurs projets de construction à l’abri des recours, les principaux motifs de contestation administrative étant souvent justement la hauteur des bâtiments ou l’étroitesse des accès (inférieur à 4m) à l’exemple d’anciens chemins agricoles tels que les Mattes ou La Garduère, ainsi que le caractère protégé des zones naturelles (N1) qui limitent la constructibilité. En “ajustant” le règlement, le PLU serait juridiquement sécurisé en augmentant la constructibilité.

Un choix d’extension urbaine

L’objectif d’un plan local d’urbanisme est la recherche d’un équilibre (1). La tendance des communes littorales est une minéralisation des villes et d’une imperméabilisation des sols. Cette urbanisation excessive est unanimement identifiée comme l’un des facteurs récurrents à l’aggravation des risques (pollution, inondation, érosion des sols et du trait de côte…) lesquels ne sont toujours pas suffisamment anticipés dans les planifications locales. Aujourd’hui, les autorités territoriales prônent de plus en plus fermement la désimperméabilisation, et le maintien des zones naturelles littorales contre les effets du déséquilibre urbain. Vouloir construire toujours plus, et toujours plus vite exige d’anticiper et de sécuriser en proportion. Le faire sans prévoir de contre mesures ne nous mène évidement pas vers un équilibre.

La prise en compte des risques et des nouveautés règlementaires (loi ELAN, SRADDET, DSF, SCoT…) demandera une révision et non plus seulement une modification, encore moins simplifiée. Multiplier les changements ponctuels du PLU (la Déclaration de Projet valant mise en compatibilité de la pouponnière et maintenant cette Modification simplifiée n°1 ) empêche une vraie vision globale de prospective pour mettre en œuvre cet équilibre et fait perdre au final un temps qui est précieux compte tenu de l’emballement climatique. Le choix d’une procédure de modification simplifiée témoigne de la persistance à Bandol d’une politique d’urbanisme au coup par coup. Depuis 4 ans qu’une révision est promise, le temps aurait largement suffit aussi bien à la réflexion qu’à la concertation publique.

(1) «Le Plan Local d’Urbanisme doit assurer l’équilibre entre :
a) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux ;
b) L’utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières, et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ;
c) La sauvegarde des ensembles urbains et du patrimoine bâti remarquables ;


Le Code de l’Environnement pour les nuls

Le Code de l’environnement, c’est du lourd ! Plus de 2.500 pages, sans images.

Alors, en lecture de vacances, on vous en propose un petit survol, comme ça, juste pour faire connaissance, parce que quand même… le Code de l’Environnement parle de la beauté du monde, de partage, d’intelligence collective et de l’avenir de nos enfants. Pour peu qu’on lui eût donné une autre forme littéraire, ce pavé juridique aurait pu être un poème…

[OK, j’exagère un peu…!]

Présentation

Il aura fallu presque 7 ans pour compiler et codifer tous les outils existants relatifs à l’environnement (de 2000 jusqu’à son décret en 2007).

Pour s’y retrouver plus facilement, le Code de l’Environnement est organisé en 7 grandes parties : 7 livres, chacun traitant d’une grande thématique :

Livre I Dispositions communes,
Livre II Milieux physiques,
Livre III Espaces naturels,
Livre IV Faune et flore,
Livre V Pollutions,risques et nuisances,
Livre VI Outre-Mer, Livre VII Antarctique.

C’est dans le livre I que l’on trouve les passages les plus poétiques :

“Les espaces, ressources et milieux naturels terrestres et marins, les sites, les paysages diurnes et nocturnes, la qualité de l’air, les êtres vivants et la biodiversité font partie du patrimoine commun de la nation.”

Livre I : Dispositions communes Titre Ier : Principes généraux Article L110-1

[Bien sur ce n’est pas du Proust, mais les idées sont belles… et ça fait rêver.]

Des notions-clé

On y trouve les fondamentaux de l’environnement, comme la notion de développement durable venue tout droit du sommet de la Terre de Rio (1992).

A l’échelle communale, l’expression de l’objectif de développement durable est le fameux agenda 21 qui, sous forme d’un projet de territoire local, décline : lutte contre le changement climatique, préservation de la biodiversité, cohésion sociale, épanouissement des individus, et transition vers une économie circulaire.

On y trouve aussi les grands principes de l’environnement.

Les 9 principes “capitaux”
1- Le principe de précaution
2- Le principe de prévention
3- Le principe pollueur-payeur
4- Le principe d’accès aux informations sur l’environnement
5- Le principe de participation
6- Le principe de solidarité écologique
7- Le principe de l’utilisation durable
8- Le principe de complémentarité des écosystèmes
9- Le principe de non-régression

C’est dans le Livre III relatif aux Espaces naturels que l’on retrouve le littoral en titre II (chaque Livre étant également divisé en Titres, et Sous-titres…)

Titre II : Littoral
Titre III : Parcs et réserves
Titre IV : Sites
Titre V : Paysages
Titre VI : Accès à la nature
Titre VII : Trame verte et trame bleue

Livre V (le plus balèze) : c’est la partie “chaude”, le livre de tous les dangers : installations classées, risques naturels, produits chimiques, déchets et autres petites réjouissances…

En bref, en rapport étroit avec le Code de l’Urbanisme, le Code de l’Environnement est le recueil où sont rassemblés l’ensemble des lois, décrets et règlements concernant l’environnement en France. Vous l’aurez compris, c’est la bible des grands principes de la politique environnementale.

La charte

Pour parachever la construction du droit de l’environnement, une Charte de l’environnement (2004) a intégré ses principes dans la Constitution. En préambule, elle s’établit notamment sur 3 postulats :
« Les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l’émergence de l’humanité »;
« l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel »;
« la diversité biologique, l’épanouissement de la personne et le progrès des sociétés humaines sont affectés par certains modes de production et de consommation et par l’exploitation excessive des ressources naturelles »;

[Ah oui, ça fait vraiment rêver !]

C’est la charte de l’environnement qui a introduit dans la constitution les 3 grands principes les plus connus : le principe de prévention, le principe de précaution, et le principe pollueur-payeur.

Si vous éprouvez l’envie d’en savoir plus,
Le CODE de l’ENVIRONNEMENT est téléchargeable en intégral
sur le lien ci-dessous
> https://www.cjoint.com/doc/19_01/IAootvEE8lh_codedelennvironnement2019.pdf


Le SCoT en consultation

Le SCoT Provence Méditerranée en révision, notamment pour y pour intégrer une partie maritime, le Volet Mer et Littoral, était en consultation publique (1) du jeudi 9 mai au vendredi 14 juin 2019.

D’après la loi (2), les schémas de mise en valeur de la mer intégrés au SCoT “fixent les orientations fondamentales de la protection, de l’exploitation et de l’aménagement du littoral”. et “précisent les mesures de protection du milieu marin”.

Ce rappel, d’entrée de jeu, présente le SCoT “côté mer” comme un document majeur qui pose les fondements de la politique d’aménagement locale pour la préservation du milieu marin et littoral. Il n’en établit que des “orientations” et non une réglementation à proprement parler. Ces orientations doivent être suivies par les plans locaux d’urbanisme, si ce n’est à la lettre du moins sans contradiction. Néanmoins dans son approche de protection de la mer, d’après le texte de la loi, le SCoT doit être suffisamment précis quant aux mesures à prendre et ne peut se contenter d’une formule à l’emporte pièce “il faudra protéger…”.
C’est justement cette “approche tronquée” qu’a pointée la mission régionale d’Autorité Environnementale qui, dans son avis, recommande notamment de “préciser les mesures de réduction d’incidences éventuellement nécessaires” (recommandation 15) ainsi que les “les modalités d’application de la loi Littoral sur le périmètre du SMVM” (recommandation 16).

Petite lecture
du Volet Mer & Littoral du ScoT

Nous vous avions déjà esquissé une présentation du VLM (3) lors des ateliers de concertations à son élaboration en 2017.
Zappant ici sur les grandes formules d’intentions et pour directement avoir une idée concrète des mises en œuvres, on peut commencer la lecture par la fin du rapport du chapitre individualisé valant schéma de mise en valeur de la mer, en dernière page (p.271), où est justement évoqué le suivi des incidences sur l’environnement de la mise en œuvre du VLM, consistant en la mise en place d’indicateurs.

Des intentions affirmées

On trouve par exemple pour l’enjeu “Réduire la vulnérabilité du territoire face aux aléas naturels littoraux“, des indicateurs à surveiller tels que : Taux d’urbanisation des zones à risque de submersion marine / Prise en compte de la submersion dans les PLU / Evolution du niveau de la mer / Mise en place de l’observatoire du trait de côte (mesure 37).
Ou encore pour l’enjeu “Préserver ou restaurer le paysage littoral“, les indicateurs de mise en œuvre sont la Consommation des espaces agricoles, boisés et naturels sur les communes littorales / Taux d’utilisation du potentiel d’ouverture à l’urbanisation dans les PLU des communes littorales (zonage AU) (en lien avec le SCoT terrestre) / Taux d’urbanisation des zonages AU des PLU des communes littorales (en lien avec le SCoT terrestre) / Identification des plages remarquables dans les PLU des communes littorales.
Il s’agit là d’indicateurs pour le suivi et l’évaluation de l’efficacité des mesures mises en œuvre. On voit bien là le lien d’interdépendance fait entre la terre et la mer et surtout le rapport direct établi entre le taux d’urbanisation et la vulnérabilité du littoral.

Des mesures vagues

Une synthèse des mesures de protection (dont les mesures ERC), qui seront à intégrer ensuite par les PLU viennent juste avant la fin (p.269). Parmi les plus significatives, on trouve : Protection, notamment des plages, face à l’érosion par des dispositifs doux et réversibles (4.1. Mesure 40) / Maintien des banquettes de posidonies (1.2. Mesure 9) / Mouillage des navires à concevoir avec un ancrage écologique / Développement d’un contrat de baie dans l’ouest du territoire… C’est le point fort de ce document par rapport à un autre document d’urbanisme : il parle de la mer, s’attache à préserver son intégrité physique et listant des mesures concrètes.

Pour autant, ces mesures se contentent de traduire les protections déjà existantes et restent vagues ; concernant les zones remarquables identifiées, on peut lire par exemple :

Mesure 4 : Les espaces marins à protéger, dont les sites Natura 2000 (identités dans la partie 1.1 des mesures et orientations) sont protégés de tous aménagements, travaux ou usage susceptibles d’avoir une incidence notable sur leurs caractéristiques (biodiversité, paysage sous-marin …). Les mesures de protection des espaces terrestres du littoral à protéger, dont les sites Natura 2000 (identités dans la partie 1.1 des mesures et orientations) sont développées dans l’orientation 2 du DOO du SCoT ; les sites Natura 2000 terrestres font partie intégrante du réseau vert.
Mesure 5 : Les vocations, usages, activités et travaux terrestres ou marins ne doivent pas porter atteinte au maintien ou à la restauration des fonctions de continuités écologiques.
Les habitats naturels dégradés identifiés (Baie de Bandol, Sanary, faces Nord Nord-Est des Embiez, grande rade de Toulon, golfe de Giens, rade d’Hyères, face nord de Porquerolles) bénéficient de mesures de restauration appropriées
[LESQUELLES ?] et dans des démarches adaptées. Une attention particulière est accordée aux herbiers de posidonies et de cymodocées à enjeux de restauration. [COMMENT ?]

L’énoncé de ces mesures de préservation dans un document de planification territoriale est en soi une grande avancée mais elles restent néanmoins insuffisantes. La règlementation existante de protection (zone Natura 2000, protection des posidonies (4)) est reformulée sans être traduite par des outils ou des stratégies locales. Or le SCoT est sensé impulser une orientation stratégique intégrée au territoire, et mobilisable par chacune des communes concernées.

En l’occurence, “Accorder une attention particulière” ne peut pas vraiment être considéré comme une mesure concrète. Et au delà du postulat, se dessine l’écueil de la mise en œuvre. Très concrètement, du fait d’une lente croissance et d’un repiquage difficile, la restauration des herbiers de posidonies n’est pas vraisemblable (relativement au maintient des services écosystémiques à l’échelle du temps humain) ; aussi envisager la restauration en compensation d’une dégradation des herbiers semble peu pertinent.

“Si des techniques de restauration existent (et a fortiori si elles ne sont pas réellement au point), il convient d’éviter leur utilisation anarchique et abusive : réimplantations de Posidonia oceanica comme alibi à des destructions liées à de nouveaux aménagements… Le problème se pose très concrètement dans le cas de Posidonia oceanica, en France, où des collectivités locales pourraient être tentées de contourner la loi de protection de P. oceanica en proposant des réimplantations au succès hypothétique en compensation de destructions bien réelles.” Charles François Boudouresque. Article “Code de bonne conduite pour les techniques de restauration des fonds marins” – GIS POSIDONIE

A ce titre, il est d’ailleurs à noter que le VML, dans son analyse d’incidences potentielles, émet une vigilance quant à l’extension du port de Méditerranée à Six-Four-les-Plages, en projet à l’époque de la rédaction du SCoT (page 257), mais qui aura été réalisée avant que le SCoT ne soit définitivement approuvé.


Etablir les plans de gestion des plages pour la qualité des eaux de baignade
; Mettre en place des chartes de bonnes pratiques avec les usagers ;
Généraliser la mise en place de
mouillages écologiques pour l’activité de plongée sous-marine ; Mettre en place des mouillages organisés des bateaux de plaisance. Autant de mesures dans l’air du temps qui gagnent à être formulées dans un document prescriptif. Il faudra voir par la suite comment les communes vont pouvoir les intégrer concrètement dans leur planification locale.

Mise à jour du 15 juillet 2019 >

Lire le rapport de l’enquête : https://www.registre-dematerialise.fr/report/1261/download/final_report
et le document de conclusion > https://www.registre-dematerialise.fr/report/1261/download/conclusion qui rend compte au final, d’avis surtout positif, mais dont 3 avis négatifs (l’Autorité Environnementale, la DDTM et Toulon@avenir). Un ensemble de remarques et de suggestions (l’échelle insuffisante de la cartographie revient souvent) qui devrait être pris en compte avant la validation de la version finale.
La commune de Bandol ne s’est pas exprimée.

A noter que le SCoT2 ne prenant pas en compte la loi ELAN, une future révision s’annonce déjà !

(1) Pour toutes décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement, la participation des citoyens est une obligation légale. Et même constitutionnelle puisque le principe de participation du public figure dans la Charte de l’environnement.

(2) Loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition de compétences entre les communes, les départements, les régions et l’Etat loi Defferre. – Article 57 et Code de l’urbanisme – Article L141-24.

(3) Le volet Met et Littoral (VML) du SCoT est une autre appellation pour le schéma de mise en valeur de la mer (SMVM). Les SMVM étaient à l’origine élaborés par le préfet et approuvés par décret en conseil d’état. Depuis 2005, la loi du 23 février relative aux développements des territoires ruraux permet aux SCoT d’élaborer un chapitre spécial “valant SMVM”. Son élaboration se fait en contact étroit avec l’état, propriétaire du domaine public maritime. Il est approuvé par arrêté préfectoral.

(4) La posidonie est une plante aquatique strictement protégée depuis 1988, morte ou vivante.

Petit lexique :
AU (zone) : zone À Urbaniser
DOO : Document d’Orientation et d’Objectifs (remplace l’ancien DOG, Document d’Orientations Générales)
ERC : Eviter, Compenser, Réduire
PADD : Projet d’Aménagement et de Développement Durables
PLU : Plan Local d’Urbanisme
SCoT : Schéma de Cohérence Territoriale
SMVM : Schéma de Mise en Valeur de la Mer
VLM : Volet Mer & Littoral


CAPELAN, site naturel sous haute surveillance

Réhabilitation en projet de longue date (fin d’activité du Lou Pescadou en 2015), le chantier des restaurants du Capelan a commencé seulement au mois de mars 2019 pour une ouverture attendue cet été.

Extrait du magazine municipal: Mediterranée ouverture prévue été 2019
Extrait Journal municipal Jan/Fév/Mars 2019

Depuis 4 ans, les habitués de tous poils sont un peu orphelins des fameuses terrasses nichées dans la calanque qui les accueillaient depuis des décennies pour un café ou un repas entre amis, après que l’agriculteur local d’avant guerre eut troqué ses cagettes de fruits et légumes contre quelques chaises et un bout de comptoir.

Depuis 4 ans, tous les yeux sont braqués sur ce petit coin de paradis en mutation qui a vécu depuis : l’abandon, la création d’un parking, et l’effondrement du mur de soutènement du Parc lors des travaux de recul du chemin pour sécuriser la falaise de l’érosion. Bien plus stoïques, 2 caméras (une sur le parking du parc public du capelan, l’autre à l’aplomb de l’ancien escalier d’entrée du Pescadou) surveillent le Capelan, pour des motifs sécuritaires, et faire reculer cette fois… la délinquance.

Passage incontournable du sentier littoral devant la presqu’île, l’endroit offre encore aujourd’hui un paysage de gravats, de poutres et de béton aux promeneurs. Mais les travaux s’activent pour rattraper le temps perdu. Le profil du chantier change de jour en jour sous les yeux des passants, et relègue loin en arrière le modeste restaurant de plage fréquenté par des générations de Bandolais et de visiteurs. Au delà de cette nostalgie, l’impatience générale est grande de retrouver un cadre digne de notre calanque emblématique.

Sensé ouvrir pour le Grand Prix de France au Castellet (et profiter de la dynamique marketing locale), le nouvel établissement prend forme mais à quelques jours de l’échéance annoncée, une ouverture en Juin parait désormais peu probable… d’autant plus que les travaux ont pris des proportions inattendues, emportés par l’élan sans doute !

La salle du Pescadou dont le toit en plaques ondulées fibres-ciment devait être juste converti en toit terrasse (pour y accueillir des plantations aromatiques) est bien plus grande qu’initialement, profitant au passage de l’abandon de l’ancien sentier littoral (qui a été lui aussi bétonné dans la foulée, redessinant les limites de la parcelle re-clôturée) ; et le Méditerranéen a été déblayé en sous sol gagnant ainsi tout un niveau de plancher (1).

Des évolutions inattendues d’après les plans qui débordent du cadre comme du calendrier !

Cette capacité remarquable (et remarquée) du projet à se réinventer fait bien peu de cas de la loi Littoral qui, en général, ne voit pas d’un bon œil de telles extrapolations improvisées.

Un projet de restaurant bien gourmand qui pourrait bien nous laisser sur notre faim.

(1) NB : l’escalier d’accès du Pescadou reconverti en accès marchandises avec monte-charge était prévu sur le plan de Déclaration Préalable. Il sera camouflé par un claustra en Acier Corten assorti au reste de l’ouvrage.


Le document stratégique de façade en consultation !

Pour éviter toute confusion, il ne s’agit pas d’un truc qui règlemente les façades de vos maisons mais de la façade maritime nationale, méditerranéenne en ce qui nous concerne.

Un long processus

Le document stratégique de façade (DSF) est un document de planification du large territoire littoral en application de la stratégie de façade maritime. Avant d’être adopté, il doit passer en consultation publique ; celle-ci a été lancée depuis le 4 mars et se terminera le 4 Juin 2019. Le public est ainsi invité à se prononcer sur les «visions d’avenir» élaborées par l’État, en concertation avec les acteurs locaux (conseil maritime de façade) pour l’horizon 2030. Cette consultation se fait par voie électronique, via la plateforme www.merlittoral2030.gouv.fr Après quoi, s’ensuivront l’élaboration d’un plan d’action et d’un dispositif de suivi d’ici 2021.

Des enjeux stratégiques côté mer

Tous les gros enjeux littoraux y sont abordés pour permettre aux territoires d’articuler leur politique locale de développement : le tourisme (vient souvent en premier), la pêche et l’exploitation halieutique, les filières émergentes à fort potentiel (énergies marines renouvelables et biotechnologies) auxquelles il va falloir donner de la place (au sens strict d’accès à l’espace foncier ou maritime), les écosystèmes et paysages (pour leur effet attractif sur les touristes et les entreprises), et plutôt à la fin : les risques naturels, le trafic maritime… On y parle de “préservation d’un littoral attractif” comme exigence prioritaire, d“économie bleue durable et productive”, et de “transition écologique” comme “modèle socio-économique”. La carte postale et le compte en banque tendance écolo : si le programme vous plait, on continue ?

Extrait de la cartographie p24 du document de synthèse

Le DSF est un document opposable et il doit être pris en compte par les documents de planification d’urbanisme (SCoT, PLU). Il est soumis à évaluation environnementale. L’autorité environnementale a ainsi rendu un avis que vous pouvez lire ici : Avis délibéré de l’Autorité environnementale sur le document stratégique de la façade Méditerranée

Globalement, c’est un document assez bien fait. Néanmoins l’Ae pointe une prise en compte insuffisante des informations scientifiques disponibles, une “absence de définition du bon état écologique, des “lacunes au niveau des identifications des pressions et impacts environnementales et des difficultés à affirmer des priorités strictes aux différents espaces dans un contexte d’enjeux environnementaux et économiques multiples”. [C’est souvent de ce côté là que ça pêche !]

Pour l’Ae, les principaux enjeux environnementaux sont les suivants: la préservation de la biodiversité du « point chaud » que constitue la Méditerranée ; la production, compatible avec l’environnement marin, d’énergie renouvelable ; la préservation des ressources halieutiques et naturelles ; les pollutions chroniques et accidentelles, d’origine maritime et terrestre ; les impacts du changement climatique sur le trait de côte et les écosystèmes ; la préservation de la santé des habitants du littoral.

Extrait de la synthèse de l’avis de l’Ae
Espaces à enjeux du littoral varois ouest

Petite généalogie de famille

Au niveau supérieur (national), le document de référence est la Stratégie Nationale pour la Mer et le Littoral, adoptée en 2017, pour la protection du milieu, la valorisation des ressources et la gestion des activités liées à la mer et au littoral. C’est dans ce document qu’apparait la fameuse notion un brin contradictoire d’“économie bleue” (on parle aussi de “croissance bleue” *) déclinée sur fond de “développement durable” d’un territoire déjà sous pression. Un DSF doit décliner cette stratégie nationale pour chacune des 4 façades maritimes de l’Hexagone : Manche Est-Mer du Nord / Nord Atlantique-Manche Ouest / Sud Atlantique / Méditerranée. Au niveau encore supérieur (européen) le DSF répond aux obligations de transpositions de 2 directives-cadre européennes : la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» ( la DCSMM, directive 2008/56 du 17 juin 2008) qui vise d’ici à 2020, l’atteinte ou le maintien du bon état écologique des milieux marins et la directive-cadre «planification des espaces maritimes» (la DCPEM, directive 2014/89 du 23 juillet 2014) qui vise une coordination des différentes activités en mer par les États membres. Initialement le DSF traduisait la seule DCSMM avec une vocation essentiellement écologique. Depuis 2014, les activités maritimes sont également prises en compte avec toute la difficulté de planification des espaces, selon leurs vocations.

Définition du bon état écologique

La France est sensée atteindre ou maintenir le bon état écologique de ses eaux marines métropolitaines d’ici 2020 (!). Aussi pour la suite et pour bien se mettre d’accord, une mise à jour 2.0 s’impose pour la définition de ce qu’est le “bon état écologique” (BEE), qui est l’objectif à atteindre fixé par l’Europe. Pour cela, en parallèle (du 04 mars au 04 juin), est également en consultation un Arrêté relatif à la définition du bon état écologique des eaux marines et aux normes méthodologiques d’évaluation. En bref, ce projet d’arrêté précise les caractéristiques du bon état écologique relatives aux pressions exercées sur le milieu marin et à l’état du milieu marin. Il s’agit donc de régler le curseur d’exigence environnementale pour une conjugaison optimale avec les objectifs de l’économie bleue. Le “bon état écologique” deviendrait donc un “bon état sanitaire et productif” pour une “utilisation durable” (!). L’enjeu écologique est là clairement converti en termes économiques intéressés.

“Article 1er — Objet. Le présent arrêté définit le bon état écologique des eaux marines conformément à l’article R. 219-6 du code de l’environnement, tel que celles-ci conservent la diversité écologique et le dynamisme d’océans et de mers qui soient propres, en bon état sanitaire et productifs, et que l’utilisation du milieu marin soit durable, sauvegardant ainsi le potentiel de celui-ci aux fins des utilisations et activités des générations actuelles et à venir.”

Extrait du Projet d’arrêté ministériel BEE, version de septembre 2018

On n’est plus là uniquement par amour des petits poissons et des nymples aquatiques mais bon, il faut bien concilier tout le monde… ! Soit ! Tant que les objectifs restent les mêmes et surtout que les priorités ne sont pas inversées… Cette réserve est d’ailleurs ce que rappelle en substance l’avis de l’Ae : “cette logique [de développement] doit être compatible avec la DCSMM, donc mettre la préservation et la restauration de l’environnement en toute première priorité.”

Une planification longue… et durable ?

Un DSF se compose de 4 parties qui vont définir successivement : un diagnostic ; des objectifs environnementaux, sociaux et économiques ; puis la mise en œuvre ; et enfin un plan d’action. La consultation actuelle concerne seulement les 2 premières parties : le diagnostic et la définition des objectifs. Le plan d’action final, lui, devra être lancé au plus tard en 2022. Initiée en 2012 avec la SNML (adoptée en 2017), notre stratégie méditerranéenne ne sera donc effective que 10 ans plus tard ! Face à l’urgence d’adaptation maritime aux impacts humains et au changement climatique avec une biodiversité qui s’effondre déjà, il devrait donc se traduire par une importante volonté prospective et définir un cap fort pour 2030… Or c’est plutôt un résultat consensuel (même si on peut penser que cela va déjà dans le bon sens). Le DSF est-il à la hauteur des enjeux ? L’Autorité environnementale n’a pas été convaincue : “L’Ae a bien noté que les éléments aujourd’hui mentionnés pour le DSF ne permettaient pas d’atteindre, ou même de progresser significativement vers le bon état.” Donc, bien mais peut mieux faire…

La stratégie pour la Méditerranée se décide maintenant et avec vous. Faites-vous donc votre idée en feuilletant ce diagnostic et objectifs maritimes du DSF… et pour que cette concertation soit la plus large, vos commentaires sont attendus !

Allez on est sympa, là > Le DSF en synthèse, en seulement 47 pages ! Bien qu’assez technique, c’est un document intéressant qui compile une somme de connaissances sur notre bordure méditerranéenne française.

(1) On trouve dernière dans la liste des 26 Actions de la Stratégie Nationale de la Mer et du Littoral : “Être le moteur de la croissance bleue européenne”. Les 3 premières actions sont plus axées sur un développement d’une culture de la Mer : “1/Mieux connaître la mer, développer une société de la connaissance marine et maritime ; 2/Soutenir les innovations dans le domaine maritime, augmenter la capacité de recherche ; 3/Enseigner la mer…”


Le Scot épinglé par l’Autorité environnementale

Manque de rigueur et de précision, échelle des cartes trop petite, caractère prescriptif insuffisant, analyse trop sommaire des sites et espèces à enjeu, loi Littoral insuffisamment traduite,… le SCoT 2 Provence Méditerranée en prend pour son grade.

L’avis de l’Autorité environnementale, publié en mars, exprime de nombreuses observations pourtant déjà entendues lors des ateliers de concertations de la révision du Schéma de cohérence territorial, et qui n’ont apparemment pas été prises en compte.

Au final, ces données incomplètes, peu précises, non actualisées, en décalage constant par rapport à la période de référence et aux prévisions initiales des deux Scot qu’elles sont censées illustrer, ne permettent pas de rendre compte valablement de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l’arrêt du Scot révisé (26 octobre 2018).”

Le document, qui compte 18 pages, présente une synthèse en introduction, (intéressante pour ceux qui, pressés ou découragés, ne dépasseraient pas la page 4 !).


SYNTHÈSE DE L’AVIS

” Le territoire Provence Méditerranée est caractérisé par un fort contraste géographique et fonctionnel entre la frange littorale fortement peuplée et urbanisée, notamment dans l’aire urbaine de Toulon, et l’arrière-pays montagneux où dominent les espaces naturels de grande qualité écologique et paysagère. L’évolution démographique et économique soutenue est source d’atteintes potentielles à une riche biodiversité à la fois terrestre et marine.

Le Scot Provence Méditerranée prévoit à l’horizon 2030 l’accueil d’environ 30.000 nouveaux habitants, la production d’environ 42.000 logements, et la création d’environ 12.000 emplois. Cet objectif (habitat et activités) nécessite une consommation d’espaces naturels et agricoles (hors enveloppe urbaine) estimée à environ 1.000 hectares sur 12 années.

L’évaluation des incidences présente un caractère succinct et général, insuffisamment spatialisé pour la quasi-totalité des enjeux environnementaux du Scot. La consommation d’espaces naturels et agricoles n’est pas suffisamment détaillée, tant pour l’évaluation de l’artificialisation passée que pour le calcul du potentiel de densification et de mutation des espaces bâtis, ou encore pour le besoin de foncier en extension de l’enveloppe urbaine.

L’absence d’identification et de localisation précise des secteurs du territoire notablement touchés par le Scot
ne permet pas d’évaluer de façon pertinente les effets du plan sur les enjeux essentiels que sont la préservation du paysage, des continuités écologiques et de la biodiversité, notamment au niveau des sites Natura 2000 du territoire.

L’évaluation environnementale du chapitre individualisé valant
schéma de mise en valeur de la mer (SMVM), censée apporter un focus sur l’espace littoral, souffre des mêmes insuffisances que celles signalées ci-dessus pour le reste du Scot. “

A noter que le chapitre individualisé du Scot valant schéma de mise en valeur de la mer (SMVM) est aussi appelé de façon plus simple le « volet littoral et maritime du Scot » (le VML pour les intimes !). Il fixe les orientations fondamentales de l’aménagement, de la protection et de la mise en valeur du littoral, en intégrant nouvellement une prise en compte des risques naturels physiques littoraux.

Le schéma de mise en valeur de la mer

L’AVIS de la Mission régionale de l’Autorité environnementale

Le Scot Provence Méditerranée et son volet littoral et maritime, arrêtés en Octobre 2018, devrait être bientôt en consultation publique.


Erosion des plages

L’érosion a des répercussions autres que la simple dégradation du paysage visible. Tout comme le pays et le reste du département, Bandol a une économie dépendante de l’attractivité touristique et résidentielle de son littoral. La Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte, élaborée en 2010, constitue une feuille de route qui incite les collectivités locales à prendre en compte l’érosion côtière dans les politiques publiques. Depuis, des programmes d’actions sont régulièrement mis en place pour traduire notamment l’engagement 74 du Grenelle de la mer :

74.d. « Prendre en compte systématiquement les risques naturels (tsunamis…), la hausse générale des mers et les autres effets du changement climatique dans les politiques d’aménagement du territoire et adapter les schémas de planification en conséquence, afin de réduire la vulnérabilité des populations et des territoires (…). »
74.f. « Développer une méthodologie et une stratégie nationale (collectivités et Etat) pour la gestion du trait de côte, pour le recul stratégique et la défense contre la mer. ».

Le littoral, force et faiblesse d’un territoire

Localement, la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) est responsable de l’élaboration d’une stratégie de lutte contre l’érosion des plages.

Particulièrement impacté par le phénomène, et disposant de peu de recul avec une côte de plus en plus artificialisée, le Var doit faire face au risque de réduction, ou même de disparition, d’un capital touristique majeur, ses plages. Et non sans incidence puisque le Var est la première destination touristique de France, juste derrière Paris avec plus de 8 millions de touristes par an. Or, ainsi que le pose en préambule la DDTM dans sa présentation stratégique : “De nombreuses plages sont naturellement contraintes par des affleurements rocheux en arrière-plage. Par ailleurs, pour une grande majorité des plages du département, des aménagements empêchent toute adaptation naturelle de ces systèmes littoraux à la montée du niveau de la mer et à ce phénomène d’érosion”. S’adapter au phénomène d’érosion devient une nécessité pour les communes littorales, d’autant plus que ses effets seront accrus par le changement climatique.

Bandol, et ses plages adossées à la ville

Un défi, des solutions

Des solutions existent. Elles sont multiples. Certaines sont plus opportunes que d’autres. À chaque commune de trouver sa méthode la plus pertinente : digues et confortements “en dur”, ouvrages en géo-textiles immergés, récifs artificiels, relocalisation, … la plus répandue étant le ré-ensablement systématique (1), qui n’est pourtant pas sans impact sur le milieu naturel, finissant par étouffer les herbiers de posidonies, eux-mêmes rempart naturel contre l’érosion… Quelles sont les solutions les mieux adaptées, les plus efficaces sur le long terme ? Pour répondre à cette question, une concertation des parties concernées était organisée par la DDTM vendredi dernier, 18 janvier 2019, sur la thématique des côtes sableuses dans le Var, dans l’objectif d’aider les communes et de co-définir des modes de gestions “acceptables et adaptés”.

Si les plages sont la partie la plus sensible et la plus visible, elles ne sont pas les seules concernées. « Les collines et falaises qui bordent la mer cèdent du terrain lentement mais sûrement. Pour la première fois en Paca, un taux de recul de 1 cm par an a été observé à Carry-le-Rouet, dans les Bouches-du-Rhône. Ailleurs, on évalue l’érosion à plusieurs millimètres chaque année mais de façon inexorable. Quinze mille cicatrices d’éboulements ont été enregistrées ces derniers mois sur la côte », indique un scientifique. Ces falaises, souvent en calcaire et en argile, sont devenues fragiles et ne protègent plus les maisons situées trop près de l’eau.” pouvait-on lire dans cet article du Parisien daté de 2017, “Var : l’érosion de la côte s’accélère”.

La ville de Bandol concentre les 2 types de morphologie côtière. Elle est donc concernée à double titre, et fait le constat de cette accélération avec des plages en centre-ville et un rivage naturel qui se détériorent.

L’érosion : une problématique physique, un enjeu social, une solution politique

Comme tous les problèmes à résoudre, la solution est souvent sous-entendue dans l’énoncé. Si l’érosion est la résultante de phénomènes naturels contre lesquels on ne peut rien, elle est en revanche accélérée et impactante dans le cadre des implantations anthropiques. Souvent pointées dans des rapports ou documents d’urbanisme, la pollution et l’artificialisation des côtes sont régulièrement identifiées comme facteurs aggravants. Les scientifiques et les experts multiplient les études et affinent la connaissance. Malgré cela, certains paradigmes paraissent immuables. Très juteuses à court terme, les rentabilités foncières, résidentielles et touristiques semblent irrésistibles et la poule aux œufs d’or semble bien difficile à protéger… Alors avant que le cas de force majeure n’advienne, il est judicieux de réfléchir aux solutions d’adaptation à l’érosion mais surtout de les accepter. Cette stratégie locale devra, si elle veut porter ses fruits, passer par une éthique renouvelée de la gestion du territoire et une redéfinition sémantique : le bien public n’est pas la somme de biens privés ; le terme de “développement durable” doit être compris plus comme “évolution soutenable” que comme “croissance”, quelque soit sa couleur… Certaines solutions impliquent une renaturation et une nouvelle manière de penser l’aménagement urbain, mais cela nécessite aussi un changement collectif des mentalités.

(1) Pour l’année 2018, la Ville de Bandol a fait une demande à la DDTM pour un rechargement de 600m3 de sable, contre une moyenne de 300m3 les années précédentes.


Capelan – La falaise et le parking

Depuis sa création, notre association Bandol Littoral alerte la mairie de Bandol sur l’important risque d’érosion constaté depuis des années aux abords des petites falaises du Capelan.

Les arbres, trop près du bord, étaient régulièrement abattus  en raison du risque qu’ils présentaient d’entrainer un effondrement sous leur poids. Ces coupes ont dégradé le paysage emblématique des lieux sans apporter de solutions au phénomène, l’accélérant même en privant l’aplomb vertical de protection végétale.

Il était une fois une petite falaise…

2012

Interpellée lors d’un comité de quartier par le maire de l’époque [C.Palix], notre association se lance dans une réflexion sur le devenir du Capelan. L’actualité littorale est marquée par la sécurisation de la Presqu’île du Capelan, Espace Naturel Sensible propriété du département. Le profil abrupt est rabattu au mini bulldozer et les cavités sont comblées. Des arbres sont abattus, là encore. Le paysage a définitivement changé en quelques jours.

2014

Bandol Littoral élabore un plan de sécurisation doux comprenant une restauration du couvert végétal et une sensibilisation du public. Le principe est simple : il se base sur la stratégie nationale de gestion du trait de côte initiée en 2012 et préconise un recul du sentier sur cette propriété foncière municipale.

2016

Après quelques années d’échanges, le maire [alors, JP Joseph] convaincu par notre projet nous donne un accord de principe.

2017 

La mairie lance l’opération, d’abord avec le vote d’un budget au mois de Mars suivi d’une demande d’autorisation et de subvention à la DDTM en Juillet. Sur la base de notre dossier, l’accord est donné en Août par l’autorité territoriale. Une première phase de travaux concernant le recul Sud est réalisée en novembre 2017. Cela consiste simplement à reculer le grillage Sud de la clôture du parc du Capelan pour permettre au cheminement piéton extérieur de s’éloigner de la tête de falaise dangereuse.

Pendant ce temps-là, un autre projet municipal est né : un parking dans le parc municipal du Capelan ! D’abord présenté comme étant une «rumeur» , puis admis comme étant une simple «idée», pour finalement être présenté comme un projet “pour tous” par la mairie, le parking du Capelan va déclencher au mois de Septembre une pétition signée par 9000 personnes qui demandent son abandon et le respect de l’espace naturel.
Dès lors, la mairie coupe les relations avec notre association et refuse tout échange, enjoignant aux intermédiaires concernés de ne plus nous répondre.

Il n’y aura pas de campagne de sensibilisation ni auprès des scolaires, ni auprès du public. La suite des opérations appartient désormais strictement à la mairie qui ne souhaite plus de concertation. Bandol littoral poursuit néanmoins la démarche de sensibilisation -à sa mesure- sur le risque du site en particulier et d’érosion en général, avec des publications régulières et un visuel  « Moins près du bord, c’est plus sûr » pour informer a minima les usagers, nombreux à s’interroger sur les changements qui s’opèrent sans explications.

2018

Au printemps, la phase 2 concernant le recul du sentier à l’Ouest, à l’aplomb de la portion estimée la plus dangereuse, n’est toujours pas annoncée. On l’attend avant l’été… Au mois de Juin, les travaux du parking démarrent, et ce malgré une occupation des lieux par des habitants qui revendiquent le maintien de l’espace public de loisir, lesquels se feront déloger par une brigade de police.
Ce projet-là est réalisé.

Notre association met en garde la mairie sur la non compatibilité d’une telle réalisation en amont d’un site sensible dont une restauration écologique est projetée basée sur une reperméabilisation.

Nos appels de prudence n’ont pas suffi : en Août un accident grave fait une victime après une forte période pluvieuse. Depuis un an, nous ne sommes plus tenus informés des interventions prévues. En Novembre nous apprenons par un arrêté des “travaux de clôture et aménagement d’une rampe d’accès”  dans cet espace naturel. Est chargée de cette intervention la société Urbavar, spécialiste des travaux publics urbains et de voiries, régulièrement missionnée par la Ville de Bandol. Nos interrogations sur les modalités de cette phase 2 n’ont pas le temps d’aboutir. Le mur de pierre du Capelan s’effondre sous le poids de la pelleteuse. Le sentier littoral est aujourd’hui fermé depuis fin Novembre.

2019 ?

La DDTM n’était pas informée de l’effondrement ni de l’interruption du sentier littoral, ayant délégué par convention toute responsabilité de l’entretien à la municipalité. L’accès est officiellement interdit par arrêté municipal sous peine de verbalisation. 

Quant aux suites à attendre, notre dernière demande de rendez-vous en mairie est toujours “à l’étude” et les premiers mots du mail en réponse, “Madame, soyez rassurée, ces deux ouvrages* vont être traités. Leur sécurisation est actuellement effective.”  laissent sceptiques.

* la mention de “deux ouvrages” en question fait référence à un autre mur de soutènement effondré pendant l’été à Barry, juste avant celui du Capelan.

Un triste bilan mais un cap inchangé

Toute amertume décelable dans ces lignes n’est pas fortuite. À Bandol, comme ailleurs, le scénario est trop souvent répété par les politiques publiques d’un environnement négligé, ou même sacrifié derrière des discours engageants et vertueux.

L’objectif de notre association est de défendre le littoral et ses usagers. Après des années d’implication, les résultats ne sont pas là. Nous n’avons pas réussi à défendre les bonnes priorités face à la mairie qui reste focalisée sur des projets plus glorieux. Les associations proposent, les élus disposent.
L’année 2018 n’aura pas tenu les promesses qui se dessinaient fin 2016 et aura même concrétisé nos pire craintes : une victime, le sentier littoral fermé, le site du Capelan défiguré.

Ailleurs, le reste du littoral bandolais n’est pas moins à la peine : d’Est en Ouest, du port jusqu’aux Engraviers le sentier est jalonné de rubalises, de barrières et de panneaux de “Danger”, alors que de toute part le béton avance.

Loin de baisser les bras, notre association se prépare à une année chargée et accueillera toutes les bonnes volontés ! Aussi ténu soit-il, notre littoral naturel est essentiel. Les moyens ne manquent pas pour faire avancer cette évidence impérieuse qui comme l’eau saura trouver son chemin.

Pour tous, nous faisons le vœu d’un littoral en pleine santé, superbe et résilient.

 


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