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Posidonie, état des lieux

Tout le long de notre littoral bandolais, sous la surface pailletée de la mer, la Posidonie est présente, à l’abri du premier regard, discrète mais essentielle.

Comme toutes les plantes à fleurs, Posidonia oceanica, cousine de l’iris terrestre, a besoin de lumière pour sa photosynthèse et vit dans les faibles profondeurs proches des côtes. Cette proximité la rend particulièrement sensible aux impacts des activités humaines voisines.

Précieuse, protégée et menacée

Sa grande valeur écosystémique en terme d’habitat, d’oxygénation de l’eau ou de stockage du CO2, en fait l’espèce emblématique de Méditerranée, puisqu’elle est endémique de notre mer du milieu : « l’herbier à Posidonia oceanica est considéré comme «l’écosystème-pivot» de la bande côtière (Boudouresque et al., 2006). » (1)

De ce fait, elle est strictement protégée, depuis plus de 30 ans, vivante ou morte (la feuille de posidonie a une durée de vie de 5 à 8 mois. Lorsque les feuilles meurent, elles tombent et la houle les amasse sur la plage où elles forment des banquettes qui sont également protégées). Chaque nouvelle étude à son sujet la révèle plus précieuse encore, notamment au sens propre de son évaluation financière, par rapport au changement climatique.

« La valeur économique des herbiers sous-marins est considérable. D’après l’étude de Constanza et al. (1997) elle est :
– 3 fois supérieure à celle des récifs coralliens
– 10 fois supérieure à celle des forêts tropicales. »

« Le coût de protection des herbiers de Posidonie le long du littoral français, représenté par la mise en place de mouillages organisés ou de campagnes de sensibilisation entre autres, s’élève à environ 4,8 millions d’euros par an, soit moins de 3/10.000 de la valeur économique des services rendus par cet habitat (Boissery, données non publiées, dans Campagne et al., 2015). »

Source : Medtrix – Avril 2019

En Méditerranée, la Posidonie produit de 14 à 20 litres d’oxygène par mètre carré chaque jour ! Telle une forêt sous-marine, elle fournit l’oxygène et stocke le carbone. La diminution de la surface des herbiers sous-marins réduit donc d’autant le stockage du dioxyde de carbone et pire, tout comme la déforestation, contribue à en libérer pendant des décennies. La disparition des Posidonies en tant que puits carbone pourrait ainsi avoir des conséquences importantes sur l’évolution du climat mondial selon une étude de 2015.

L’enjeu du maintien des posidonies n’est donc pas un simple caprice d’écologistes. Nos sociétés littorales ont tout intérêt à maintenir cet habitat essentiel vivant et en bon état [de service] ne serait-ce que parce que nous n’aurions pas la capacité financière de pallier à sa perte et que sa disparition équivaudrait à un effondrement de l’écosystème méditerranéen, en mer et sur terre (la température moyenne en Méditerranée a déjà augmenté de 1,5°C) !

“Toutes les activités développées sur la zone littorale dépendent de fait directement ou indirectement de la qualité environnementale des milieux marins et littoraux. » peut-on lire en préambule du Dispositif Posidonie en cours d’élaboration par la Région. Cette prise de conscience est centrale pour assurer l’avenir de ces activités.

Aujourd’hui, l’enjeu de la préservation de la population de Posidonie est prioritaire, d’autant plus que son état se dégrade de manière significative. 10% de la surface des herbiers a été perdue en 100 ans dans tout le bassin méditerranéen avec une forte accélération du processus pour les 50 dernières années.

Un trésor sous haute surveillance

A ce titre, elle est évidemment très surveillée. Depuis 1984, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur a été mis en place un Réseau de Surveillance  des herbiers de Posidonie (RSP) pour en cartographier et suivre l’évolution selon un protocole basé sur une observation des sites, des prises de  vues aériennes et des photographies sous-marines, repérage qui s’est perfectionné au fil des avancées technologiques.

A partir des données recueillies, l’application DONIA a été développée pour aider à la navigation (et au mouillage) des plaisanciers grâce une visualisation de la nature des fonds : herbiers, mattes mortes, roches ou sable.

La répartition de l’herbier est inégale et c’est en Corse que l’on en trouve le plus, mais la région PACA est aussi particulièrement concernée avec un tiers de la superficie nationale des herbiers. Au total, ce sont 79.852 hectares de prairies sous-marines qui ont été cartographiés en France méditerranéenne, soit 3 fois l’équivalent de la surface de Marseille.

Dans l’Ouest-Var,

c’est aux alentours de Porquerolles que l’herbier est le plus massif, sur les communes de La Londe, Hyères et Carqueiranne, puis dans la baie de Sanary.

A Bandol,

l’herbier est présent sur tout le bord côtier jusqu’à une profondeur de 30m, du Grand Vallat à l’Ile Rousse, avec des zones ensablées devant les plages.

Cliquez sur l’image pour aller sur DONIA


Menaces sur la Posidonie

Les menaces sont essentiellement dues aux activités humaines et les plus fortes régressions des herbiers sont observées là où la fréquentation humaine est intense (tourisme, rejets en mer). Les traces de ces agressions sur les étendues d’herbiers sont visibles en zoomant sur la cartographie sur DONIA. Rien que dans le Golfe Juan, 104 ha d’herbier ont disparu entre 2011 et 2018, contre “seulement” 25 ha de régression dans la baie de La Ciotat pour la même période. La palme revient au Golfe de Saint Tropez avec une régression des posidonies sur 145 ha en 8 ans !

La pollution
Justement parce qu’elle est très sensible à la pollution et qu’elle ne peut se développer que dans des eaux propres et non polluées, la Posidonie est considérée comme une espèce indicatrice de la qualité globale des eaux littorales. Ruissellements urbains, rejets en mer (industriels, stations d’épuration), ou même crème solaire, ou rejet d’eau douce sont autant de perturbations à éviter pour la qualité de l’eau.

Le Porter à connaissance du SDAGE identifie une forte pollution de la masse d’eau
et des impacts sur le milieu, à l’échelle de notre SCoT Provence Méditerranée (Aire Toulonnaise).

La modification des conditions hydro-sédimentaires due essentiellement à l’artificialisation des littoraux (aménagements des côtes et des cours d’eau, barrages, ports, urbanisation) qui perturbe la circulation normale du sable et les qualités physiques l’eau en est la première cause.

Les rechargements de sable des plages :
Sensible à la turbidité de l’eau, elle peut être impactée par les particules mises en suspension lors des rechargements. De plus, si le rechargement est mal calibré et le sable dispersé vers le large, l’herbier peut être enfoui et petit à petit étouffé.

L’enlèvement des banquettes nourrit une érosion des plages. Sans le maintien de cette importante biomasse qui atténue de 50% la puissance des vagues, la protection hydrodynamique hivernale de la frange côtière n’est pas assurée. L’érosion générée, cycliquement, doit ensuite être compensée par des rechargements de sable à répétition afin de garantir l’accueil estival, dont le cumul à long terme finit par étouffer l’herbier sous le sable qui repart à la mer chaque hiver. La présence de cumul de sable devant chaque plage bandolaise est visible sur la cartographie.

• La montée en température excessive de la mer due au changement climatique est un danger. Au-delà de 28,5° la mortalité des herbiers monte en flèche.

Les ancrages des plaisanciers, particulièrement des grosses unités (plus de 24m), ou ceux cumulés des bateaux de plus petit gabarit ont un impact sur l’herbier : raclage, arrachage des rhizomes, ragage des chaines. Une fois arrachée, la posidonie ne repousse pas. La croissance lente de la posidonie, de l’ordre de quelques centimètres par an, ne compense pas la vitesse de développement de la plaisance. À l’échelle d’une vie, on ne peut pas voir une récupération des herbiers.

Exemples d’impacts de mouillage

La baie de Bandol se trouve dans un secteur marin [ilot de Pierreplane à la pointe du Gaou] diagnostiqué dans le SDAGE de qualité biologique “médiocre” (faune/flore). Le SCoT fait écho à ce constat en préconisant des efforts de restauration de l’herbier de posidonies jugé globalement dégradé pour le bassin de Sanary-Bandol.

Néanmoins, le suivi réalisé sur l’herbier entre la pointe du chateau et l’île de Bendor, moins profond, suite aux travaux de canalisations au printemps 2019, fait état d’une belle densité de l’herbier avec une très bonne vitalité :“Notons la présence de nombreuses espèces au sein de l’herbier (seiches, poulpes…) et notamment de nombreuses Grandes Nacres (espèce protégée) qui montrent également la vitalité de l’herbier ainsi que sa grande valeur écologique.”

Comment bien faire ?

Pour le protéger, il suffit d’inverser les pressions et agir sur les facteurs de menaces clairement identifiés. Les axes de préservation seront donc logiquement de manière globale : une prise en compte du maintien nécessaire de l’équilibre sédimentaire dans la planification d’aménagement des littoraux, la suppression des pollutions urbaines, la lutte contre le réchauffement climatique… et en premier lieu au niveau local, la mise en œuvre de bonnes pratiques de mouillage et de bonne gestion des plages [qui sont les 2 axes les plus directs à mettre en place !].

Dans un souci de développer ces bonnes pratiques, la DREAL propose un guide de GESTION DE LA POSIDONIE SUR LES PLAGES des règlementations et des préconisations à l’usage des gestionnaires et des collectivités.

Egalement à l’échelle du département, un plan Mouillage est en cours d’élaboration pour l’application locale de l’arrêté cadre récent interdisant le mouillage dans les herbiers (pour les unités de plus de 24m) et pour la mise en place éventuelle de mouillages organisés.

Protéger la Posidonie, c’est possible et surtout obligatoire ! C’est une priorité non négociable qu’il faut avoir en tête et qui doit devenir un réflexe pour chaque commune littorale.

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1) source Fiche Ifremer – 2009. http://cartocean.fr/biblio/Sartoretto_et_al_2009.pdf

Pour en savoir plus :


• A feuilleter, le livret Cap sur La Posidonie : http://www.reseaumer.org/wp-content/uploads/2018/05/Cap_Sur_la_posidonie.pdf

A voir, la Posidonie présentée en vidéo dans les ” Chroniques de la mer MÉDITERRANÉE” par les plongeurs du Seaquarium du Grau-du-Roi.


Le document stratégique de façade en consultation !

Pour éviter toute confusion, il ne s’agit pas d’un truc qui règlemente les façades de vos maisons mais de la façade maritime nationale, méditerranéenne en ce qui nous concerne.

Un long processus

Le document stratégique de façade (DSF) est un document de planification du large territoire littoral en application de la stratégie de façade maritime. Avant d’être adopté, il doit passer en consultation publique ; celle-ci a été lancée depuis le 4 mars et se terminera le 4 Juin 2019. Le public est ainsi invité à se prononcer sur les «visions d’avenir» élaborées par l’État, en concertation avec les acteurs locaux (conseil maritime de façade) pour l’horizon 2030. Cette consultation se fait par voie électronique, via la plateforme www.merlittoral2030.gouv.fr Après quoi, s’ensuivront l’élaboration d’un plan d’action et d’un dispositif de suivi d’ici 2021.

Des enjeux stratégiques côté mer

Tous les gros enjeux littoraux y sont abordés pour permettre aux territoires d’articuler leur politique locale de développement : le tourisme (vient souvent en premier), la pêche et l’exploitation halieutique, les filières émergentes à fort potentiel (énergies marines renouvelables et biotechnologies) auxquelles il va falloir donner de la place (au sens strict d’accès à l’espace foncier ou maritime), les écosystèmes et paysages (pour leur effet attractif sur les touristes et les entreprises), et plutôt à la fin : les risques naturels, le trafic maritime… On y parle de “préservation d’un littoral attractif” comme exigence prioritaire, d“économie bleue durable et productive”, et de “transition écologique” comme “modèle socio-économique”. La carte postale et le compte en banque tendance écolo : si le programme vous plait, on continue ?

Extrait de la cartographie p24 du document de synthèse

Le DSF est un document opposable et il doit être pris en compte par les documents de planification d’urbanisme (SCoT, PLU). Il est soumis à évaluation environnementale. L’autorité environnementale a ainsi rendu un avis que vous pouvez lire ici : Avis délibéré de l’Autorité environnementale sur le document stratégique de la façade Méditerranée

Globalement, c’est un document assez bien fait. Néanmoins l’Ae pointe une prise en compte insuffisante des informations scientifiques disponibles, une “absence de définition du bon état écologique, des “lacunes au niveau des identifications des pressions et impacts environnementales et des difficultés à affirmer des priorités strictes aux différents espaces dans un contexte d’enjeux environnementaux et économiques multiples”. [C’est souvent de ce côté là que ça pêche !]

Pour l’Ae, les principaux enjeux environnementaux sont les suivants: la préservation de la biodiversité du « point chaud » que constitue la Méditerranée ; la production, compatible avec l’environnement marin, d’énergie renouvelable ; la préservation des ressources halieutiques et naturelles ; les pollutions chroniques et accidentelles, d’origine maritime et terrestre ; les impacts du changement climatique sur le trait de côte et les écosystèmes ; la préservation de la santé des habitants du littoral.

Extrait de la synthèse de l’avis de l’Ae
Espaces à enjeux du littoral varois ouest

Petite généalogie de famille

Au niveau supérieur (national), le document de référence est la Stratégie Nationale pour la Mer et le Littoral, adoptée en 2017, pour la protection du milieu, la valorisation des ressources et la gestion des activités liées à la mer et au littoral. C’est dans ce document qu’apparait la fameuse notion un brin contradictoire d’“économie bleue” (on parle aussi de “croissance bleue” *) déclinée sur fond de “développement durable” d’un territoire déjà sous pression. Un DSF doit décliner cette stratégie nationale pour chacune des 4 façades maritimes de l’Hexagone : Manche Est-Mer du Nord / Nord Atlantique-Manche Ouest / Sud Atlantique / Méditerranée. Au niveau encore supérieur (européen) le DSF répond aux obligations de transpositions de 2 directives-cadre européennes : la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» ( la DCSMM, directive 2008/56 du 17 juin 2008) qui vise d’ici à 2020, l’atteinte ou le maintien du bon état écologique des milieux marins et la directive-cadre «planification des espaces maritimes» (la DCPEM, directive 2014/89 du 23 juillet 2014) qui vise une coordination des différentes activités en mer par les États membres. Initialement le DSF traduisait la seule DCSMM avec une vocation essentiellement écologique. Depuis 2014, les activités maritimes sont également prises en compte avec toute la difficulté de planification des espaces, selon leurs vocations.

Définition du bon état écologique

La France est sensée atteindre ou maintenir le bon état écologique de ses eaux marines métropolitaines d’ici 2020 (!). Aussi pour la suite et pour bien se mettre d’accord, une mise à jour 2.0 s’impose pour la définition de ce qu’est le “bon état écologique” (BEE), qui est l’objectif à atteindre fixé par l’Europe. Pour cela, en parallèle (du 04 mars au 04 juin), est également en consultation un Arrêté relatif à la définition du bon état écologique des eaux marines et aux normes méthodologiques d’évaluation. En bref, ce projet d’arrêté précise les caractéristiques du bon état écologique relatives aux pressions exercées sur le milieu marin et à l’état du milieu marin. Il s’agit donc de régler le curseur d’exigence environnementale pour une conjugaison optimale avec les objectifs de l’économie bleue. Le “bon état écologique” deviendrait donc un “bon état sanitaire et productif” pour une “utilisation durable” (!). L’enjeu écologique est là clairement converti en termes économiques intéressés.

“Article 1er — Objet. Le présent arrêté définit le bon état écologique des eaux marines conformément à l’article R. 219-6 du code de l’environnement, tel que celles-ci conservent la diversité écologique et le dynamisme d’océans et de mers qui soient propres, en bon état sanitaire et productifs, et que l’utilisation du milieu marin soit durable, sauvegardant ainsi le potentiel de celui-ci aux fins des utilisations et activités des générations actuelles et à venir.”

Extrait du Projet d’arrêté ministériel BEE, version de septembre 2018

On n’est plus là uniquement par amour des petits poissons et des nymples aquatiques mais bon, il faut bien concilier tout le monde… ! Soit ! Tant que les objectifs restent les mêmes et surtout que les priorités ne sont pas inversées… Cette réserve est d’ailleurs ce que rappelle en substance l’avis de l’Ae : “cette logique [de développement] doit être compatible avec la DCSMM, donc mettre la préservation et la restauration de l’environnement en toute première priorité.”

Une planification longue… et durable ?

Un DSF se compose de 4 parties qui vont définir successivement : un diagnostic ; des objectifs environnementaux, sociaux et économiques ; puis la mise en œuvre ; et enfin un plan d’action. La consultation actuelle concerne seulement les 2 premières parties : le diagnostic et la définition des objectifs. Le plan d’action final, lui, devra être lancé au plus tard en 2022. Initiée en 2012 avec la SNML (adoptée en 2017), notre stratégie méditerranéenne ne sera donc effective que 10 ans plus tard ! Face à l’urgence d’adaptation maritime aux impacts humains et au changement climatique avec une biodiversité qui s’effondre déjà, il devrait donc se traduire par une importante volonté prospective et définir un cap fort pour 2030… Or c’est plutôt un résultat consensuel (même si on peut penser que cela va déjà dans le bon sens). Le DSF est-il à la hauteur des enjeux ? L’Autorité environnementale n’a pas été convaincue : “L’Ae a bien noté que les éléments aujourd’hui mentionnés pour le DSF ne permettaient pas d’atteindre, ou même de progresser significativement vers le bon état.” Donc, bien mais peut mieux faire…

La stratégie pour la Méditerranée se décide maintenant et avec vous. Faites-vous donc votre idée en feuilletant ce diagnostic et objectifs maritimes du DSF… et pour que cette concertation soit la plus large, vos commentaires sont attendus !

Allez on est sympa, là > Le DSF en synthèse, en seulement 47 pages ! Bien qu’assez technique, c’est un document intéressant qui compile une somme de connaissances sur notre bordure méditerranéenne française.

(1) On trouve dernière dans la liste des 26 Actions de la Stratégie Nationale de la Mer et du Littoral : “Être le moteur de la croissance bleue européenne”. Les 3 premières actions sont plus axées sur un développement d’une culture de la Mer : “1/Mieux connaître la mer, développer une société de la connaissance marine et maritime ; 2/Soutenir les innovations dans le domaine maritime, augmenter la capacité de recherche ; 3/Enseigner la mer…”


Port propre et eaux turquoises

Le bleu “ne fait pas le moine” et inversement ! Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont pas des eaux limpides qui font un “port propre” (pour l’appellation officielle) mais une démarche globale. Quand seule compte l’intention pour un label lambda, la certification AFAQ “Ports Propres” valide par audit (renouvelé tous les 3 ans) des pratiques et engagements concrets qui témoignent d’un souci d’excellence environnementale (équipement, aménagement,communication…)

Le fond des ports affiche rarement l’eau claire et turquoise des cartes postales. Interfaces entre la ville et la mer, véritable hall de transit vers le large, les ports sont un reflet de la ville, en séduction mais aussi en pollution.

La démarche “PORTS PROPRES”

Cette large prise de conscience a incité les ports à opter pour une gestion plus responsable en matière d’environnement. Une démarche de Gestion Environnementale a été créé en France en 2001 avec la certification Ports Propres. Cette certification a séduit pour son exemplarité, et aujourd’hui l’objectif affiché de la Région est d’atteindre 100 % des ports engagés “Ports Propres”.

Attention “engagé” ne veut pas dire “certifié” !
L’engagement dans la démarche étant initialement volontaire, avec cet objectif de 100% tous les ports sont désignés volontaires d’office mais cela ne garantit toutefois en rien la certification !

De l’engagement à la certification

En France, plus de 190 ports sont engagés dans la démarche Ports Propres. En région PACA, 90% des ports sont engagés et 20% sont certifiés.

Cette certification, normée AFNOR, atteste d’une démarche volontaire des gestionnaires de ports par une approche environnementale au quotidien. La certification Ports Propre répond à des exigences précises, normées à l’échelle européenne (1), parmi lesquelles la qualité effective de l’eau est un objectif mais pas une condition pour la certification.


Bien que essentiellement motivée par la Directive-Cadre sur l’Eau (depuis l’an 2000, la DCE préconise un bon état écologique des masses d’eaux), cette certification encourage l’excellence de gestion et repose sur la motivation mise en œuvre des ports. C’est la démarche exemplaire qui est validée, plus que la qualité réelle de l’eau des ports. Une des raisons est que, indépendamment des efforts des gestionnaires de port, la pollution des eaux des ports est aussi liée aux effluents urbains. La limite de cet exercice est donc que la “propreté” du port dépend aussi en majeure partie de l’implication de la ville et de sa gestion des eaux de ruissellement. L’eau du port est déjà de l’eau de mer mais aussi de l’eau qui vient de la ville.

Eau de ville > Eau de port > Eau de mer

Une démarche en 5 phases :

1. L’étude diagnostic environnemental
2. Les moyens de lutte contre les pollutions chroniques
3. La mise en place de moyens de lutte contre les pollutions accidentelles
4. La formation du personnel portuaire à la gestion environnementale
5. La sensibilisation des usagers du port à à la gestion environnementale

Pour obtenir la certification, il faut répondre aux exigences normées d’un audit. Le délai moyen, de l’engagement à la certification, est de 2 ans. La certification est délivrée pour une durée de 3 ans, avec des audits de maintien chaque année. Le port de Bandol a initié la démarche “Ports Propres” sous la mandature de Christian Palix.

Si la bonne qualité de l’eau est évidemment l’objectif recherchée, cette certification ne l’atteste en rien. Un port peut obtenir la certification sans avoir nécessairement des eaux de bonne qualité. Par contre le respect de la démarche, validée par un audit, est de bonne augure. Elle certifie surtout d’une réelle bonne volonté puisque ne dit-on pas que “quand on veut, on peut” !

Les ports à la reconquête de la biodiversité

Ceux qui considèrent (impunément) cet espace comme une réserve de pêche (bien que ce soit interdit) ne s’y trompent pas : un port est potentiellement un lieu de vie. Comme toute zone littorale, les eaux y sont calmes et peu profondes, idéales pour y accueillir les nurseries de poissons. C’est cet objectif d’accueil de biodiversité qui motive l’évolution de la certification “Port Propre” vers une nouvelle mouture AFAQ Ports Propres Actifs en biodiversité pour lutter pour la préservation des milieux aquatiques et le développement durable des activités littorales et maritimes.

La certification Ports Propres Actifs en biodiversité complète le dispositif et reconnait les ports engagés dans des actions concrètes envers la protection et la restauration de la faune et la flore du littorale.

(1) PORTS PROPRES – CWA 16387 est la première démarche de Gestion Environnementale Portuaire à destination des ports de plaisance, certifié AFAQ AFNOR.

En savoir plus :

CAP SUR … les ports de plaisance  : https://docs.wixstatic.com/ugd/dd2961_a3987763de4046979e3e8b80faff1607.pdf


Compenser, pourquoi faire ?

La compensation, une notion qui vous est familière de manière générale ! Qu’elle soit financière, corporelle ou psychologique, la compensation est un mécanisme de rééquilibrage en réparation à une perte, un désagrément, une souffrance. En environnement, on parle d’atteinte et cette notion est officiellement une doctrine.

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Vole, pigeon, vole !

Par un arrêté temporaire du 22 juin 2018, la mairie de Bandol vient de lancer une campagne de “Capture et destruction de pigeons”, pendant toute la saison touristique (3 mois). Motif : des dégâts très importants dus à une surpopulation !

Pour quelques cacahuètes chippées sur les tables des terrasses, la gentille colombe est décrétée nuisible et contraire à l’ordre et à la santé publique.

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Reverdir le Capelan

La fête de la nature 2018 : du 23 au 27 mai 2018.

Pour cette 12e édition, le thème est : « Voir l’invisible ».

Juste après la journée pour la biodiversité, le 22 mai, cette fête à l’initiative de UICN France invite le public à porter un nouveau regard sur la nature proche.

A cette occasion, nous vous invitons à revisiter le Parc du Capelan selon vos rêves !

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Objectif POULPE

Dans le Var, en été il est interdit de prélever les poulpes à Port-Cros et dans toute l’aire marine adjacente (en gros de La Garde à Ramatuelle). C’est aussi le cas dans le Parc des Calanques côté Bouche-du-Rhône. L’arrêté préfectoral du 6 septembre 2016 réglemente la pêche de loisir : «La pêche maritime de loisir du poulpe (Octopus vulgaris) est interdite du 1er juin au 30 septembre de chaque année»,

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