Littoral bandolais, un paysage à préserver…

Littoral bandolais, un paysage à préserver…

Après la vingtaine d’arbres de la corniche du Capelan abattus en 2011, la presqu’île du Capelan défigurée au bulldozer en 2012, le pin couché de la pointe incendié cet été, l’érosion paysagère de notre bord de mer se poursuit-elle ?…

Inquiétudes

Depuis sa création en 2012, l’association Bandol Littoral multiplie les rendez-vous en mairie pour appeler à une gestion raisonnée du littoral Bandolais et de ses espaces naturels. Cela fait des années que le littoral s’érode et se dégrade : les arbres tombent, les falaises sont grignotées, les plages se réduisent. Aujourd’hui le littoral a des airs de zone sinistrée ; de la pointe des Engraviers et la pointe Encanet, il fait peine à voir. Le sentier est creusé par endroit d’immenses rigoles de plus d’un mètre de profondeur par les pluies, le système racinaire des pins centenaires sont plus saillants que jamais, la couche sédimentaire a bien perdu 20 cm d’épaisseur en 20 ans, les falaises du Capelan sont désertées de leurs arbres avec, pour parachever le tableau, un emblématique pin anémomorphosé qui a brulé cet été et qui depuis se découpe en noir sur un ciel panoramique ; ceux qui restent, les pins penchés que le vent sculpte en galerie, ont récemment été marqués de peinture rouge fluo,

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peut-être pour être prochainement coupés ou amputés ? Certaines branches rabattues à l’horizontale par le Mistral obligent les promeneurs à baisser la tête ! Ailleurs (à St Cyr, Cassis, la Ciotat) la silhouette hors norme de ces arbres serait vue comme un atout, capitalisée pour façonner un paysage original et durable, guidée et renforcée par des tuteurs. Connaissant la tendance de la coupe des arbres à Bandol, l’inquiétude est de mise.

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Stratégie de préservation

Le 27 août dernier, après un nouveau rendez-vous avec le staff municipal de l’Environnement pour discuter une énième fois de conservation et de sécurisation du bord de mer (se reporter à notre dossier sur l’Erosion, page 11,), quelques poignées de main et propos rassurants nous avaient encouragé à un certain optimisme pour l’avenir ! La perspective d’une bonne intelligence entre les citoyens et l’instance territoriale locale est toujours galvanisante. Ainsi, entre autres thèmes abordés, notre projet de décalage du tracé de promenade sera mis à l’étude, pour sécuriser tout à la fois la falaise et les usagers des lieux.

Et voilà qu’apparaissent sur les arbres des marquages de coupes pour dégager la promenade au lieu de chercher à la construire !

O rage, O désespoir… ! Que faut-il donc faire pour être entendu… et compris ? Le passage doit être éloigné du vide ; les arbres stabilisent le passage. Il pourrait être dommageable d’atteindre davantage à leur intégrité physique et paysagère.

Ce principe de recul d’un passage devenu étroit et fragile a pourtant été bien compris lorsqu’il s’agit de desservir un nouveau lotissement à bâtir un peu plus loin ( avenue George V ). L’écroulement d’une portion de falaise sous le poids des camions de chantier, en janvier 2014 le long du chemin littoral, et l’interdiction aux véhicules lourds alors motivée, avait eu pour conséquence d’enclaver le lotissement en construction en amont, rendant toute nouvelle construction illégale. La mairie nous a depuis fait part d’un futur projet de reculer la route en mordant sur la propriété voisine pour pallier à la dangerosité évidente de l’aplomb qui s’effrite un peu plus à chaque pluie. Même problématique érosion/circulation, mais autres enjeux cette fois-ci, lourdement financiers cette fois ! L’immobilier a ses raisons et fait ses lois.

Comme quoi il y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre !

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L’actualité politique bandolaise et le fonctionnement municipal chaotique qui en a résulté n’ont certes pas favorisé l’avancée des dossiers. Mais faut-il pour autant se hâter de faire n’importe quoi au risque de réduire à néant des projets porteurs de durabilité ? Un arbre exposé au vent est plus lent à se développer. La vingtaine d’arbres déjà abattus le long de la falaise n’a fait que laisser une paroi à nu encore plus exposée à l’érosion. Mais la nature n’est pas rancunière. Pourquoi ne pas se donner une chance de protéger ce qui reste de notre littoral naturel à Bandol ?

NC

Mise à jour : A la suite de cet article, les services techniques nous ont fait savoir que le marquage fluo sur les arbres penchés n’était qu’une signalisation de danger pour inciter les promeneurs à se baisser. Merci à eux de cette mise au point.


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