Pinèdes et garrigue

Nos côtes rocheuses bandolaises ont les couleurs de la pierre calcaire, d’une terre le souvent argileuse et d’une végétation de pinèdes et de garrigue qui a su s’adapter au climat méditerranéen chaud et sec (moyenne annuelle supérieure à 16°C) que l’on retrouve en bord de mer..

La végétation qui compose nos paysages reflète une dynamique d’évolution lente. Les plantes méditerranéennes les plus répandues sont les arbres et arbustes à feuilles persistantes ; le lentisque, le chêne-vert, le chêne-liège, le chêne-kermès en sont des exemples. Ces plantes sont dites sclérophylles, en raison de leurs feuilles coriaces.

Les pinèdes méditerranéennes

La pinède représente aujourd’hui l’essentiel de la strate arborescente locale mais ce n’a pas toujours été le cas. Après la dernière glaciation les paysages naturels des rives méditerranéennes sont un couvert vert foncé uniforme :

“Un manteau forestier dense et sans interruption, composé en définitive de peu d’essences mais avec un riche sous-bois, couvrait les côtes méditerranéennes. Les forêts enchevêtrées étaient rarement interrompues par des clairières couvertes de rochers. Une couleur vert-marron dominait presque uniformément, sauf au printemps quand fleurissaient les prés et les sous-bois. De rares fleurs s’ouvraient à d’autres saisons en plus du jaune et du rouge des baies automnales. Les arbres fruitiers étaient quasiment absents de la flore méditerranéenne à l’exception des arbousiers, des sorbiers et peut-être de quelque pommier ou poirier sauvage.” ( d’après L’histoire des plantes en Méditerranée, de Fabio Benzi et Luigi Berliocchi)

Plus tard, grâce aux migrations humaines entre l’Occident et le Moyen-Orient, les paysages s’enrichissent de nombreuses variétés, décoratives ou agricoles… La vigne mille an avant notre ère, puis les agrumes,  le grenadier, le palmier dattier et le pin parasol lors de l’expansion de l’empire romain, l’agave ou le figuier de barbarie avec la conquête islamique, le laurier rose d’abord (XVIe) puis les variétés rouges et blanches (XVIIIe)… Peu d’espèces sont réellement endémiques. L’homme, au fil des siècles, par ses déplacements, ses conflits, ses activités agricoles et culturelles, a construit le paysage méditerranéen. Son climat particulièrement favorable a permis l’acclimatation de très nombreuses espèces végétales considérées aujourd’hui comme emblématiques de la région.

La pinède que nous connaissons s’est considérablement développée depuis le début du XXe siècle avec l’abandon des terres agricoles, le pin d’Alep étant une espèce au développement rapide. Quelques chênaies favorisées par un substrat siliceux subsistent encore de nos jours ponctuellement ( chêne vert et chêne pubescent ) dans des soubassements de falaises et de reliefs où elles sont restées abritées.

A l’ombre des pins, seule une végétation arbustive et sous-arbustive de maquis se développe sur un sol rendu acide par le tapis d’aiguilles. La strate herbacée y est en général absente. Au bord des côtes, le pin contribue à stabiliser les sols avec un système de racines profondes.

maquis sous pinede

Garrigue et maquis

La dégradation de la forêt méditerranéenne tout au long des siècles a donné garrigues et maquis, des dégradations qui sont le plus souvent dues à des incendies ou des surpâturages. Ainsi le feu et les activités agricoles ou pastorales sont des éléments naturels qui ont contribué à créer les écosystèmes et paysages actuels.

La garrigue et le maquis sont souvent confondus car ce sont deux formations végétales principalement arbustives et buissonnantes que l’on retrouve typiquement dans les milieux méditerranéens. Il existe pourtant une différence entre la garrigue et le maquis et le principal élément pour arriver à les différencier tient à la nature du sol. La garrigue pousse sur un sol qui est principalement calcaire (alcalin) tandis que le maquis poussera sur un sol acide. Cette différence de sol influe directement sur les plantes qui poussent dans une garrigue ou un maquis.

Les plantes caractéristiques de la garrigue sont le thym, le romarin, la lavande, le genévrier, le buis, la sauge, l’ail… La garrigue est faite d’une végétation basse plutôt ouverte d’arbustes et d’arbrisseaux qui ne dépassent pas les deux mètres.

Les plantes caractéristiques du maquis sont les chênes lièges, les cistes, l’arbousier, les ajoncs, les bruyères arborescentes, le calycotome… Le maquis est une végétation plutôt fermée composée d’arbres et d’espèces buissonnantes qui sont d’une hauteur comprise entre trois et dix mètres maximum.

La flore littorale obéit à une autre contrainte due à sa situation particulière : la présence de sel. Aussi elle répond moins aux règles de la nature des sols (siliceux ou calcaires) que la flore de l’intérieur des terres, car cet autre facteur écologique est prépondérant pour la répartition des plantes en bord de mer. Les plantes dont la particularité est de supporter le sel sont dites halophiles telles que le cinéraire, l’immortelle, la salicorne ou le tamaris.

guide-du-littoral-varois

A consulter, le guide du “Littoral varois” édité par le Conseil général du Var.


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