Le changement climatique chez nous

Le changement climatique chez nous

Le bassin méditerranéen est une des zones de notre planète les plus exposées au changement climatique.

Une nouvelle étude scientifique présentée à la COP22, un ouvrage de synthèse collectif, effectue un focus sur le contexte particulier de la Méditerranée et annonce des chiffres alarmants.

Extrait de la publication

Extrait de la publication “Le changement climatique en Méditerranée”, présentée à la COP22 par les 28 organismes membres de l’Alliance pour l’environnement (ALLENVI).

Dans une interview recueillie par le magazine Actu-environnement, Eric Martin*, directeur de recherche à l’IRSTEA d’Aix-en-Provence précise : “le climat va y changer plus que la moyenne. Le GIEC donne comme ordre de grandeur pour les scénarios les plus extrêmes une augmentation des températures allant jusqu’à 7 degrés pour la Méditerranée à la fin du siècle, contre 5,8 degrés en moyenne.”

“Deux messages principaux ressortent du rapport : le premier est que le changement climatique est un fait dans la région. Conjugué aux activités humaines, il engendre des changements importants sur la société et les écosystèmes. Le deuxième est que, malgré la complexité du sujet, et les incertitudes qui subsistent, il faut agir maintenant. Si nous attendons trop pour prendre des décisions, il sera trop tard.” Eric Martin

Toutes ces annonces de plus en plus catastrophistes ne cherchent à  pas à vous faire peur… quoique si en fait ! La peur est salutaire lorsqu’elle déclenche une réaction de survie. C’est même sa fonction essentielle. Encore faut-il être conscient d’ÊTRE vivant et de vouloir le rester ! Mais là c’est un autre débat… Les scientifiques sonnent donc l’alerte. Aux décideurs de savoir quoi en faire…

Le changement climatique peut s’avérer catastrophique…

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Une  projection climatique pour le sud de la France (régions d’Auvergne, Corse, PACA, Languedoc et Rhône-Alpes) a été réalisée en 2010 : le rapport MEDCIE Grand Sud-Est , épais d’une centaine de pages, fait le point sur ce à quoi on peut s’attendre dans les années à venir !

Et pour zoomer encore davantage, un groupe régional d’experts sur le climat en Provence-Alpes-Côte d’Azur (le GREC-PACA) a publié l’année dernière une brochure qui retrace un “panorama général des enjeux et des conséquences du changement climatique” dans notre territoire :

“Par son appartenance au bassin méditerranéen, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est une candidate prioritaire pour ce type d’effort de synthèse. La zone méditerranéenne a en effet été identifiée comme un des “hotspots” pour les impacts du changement climatique. Les projections climatiques dans cette région du monde tendent de manière marquée vers des conditions plus chaudes, de jour comme de nuit, avec une fréquence accrue de canicules et des épisodes de sécheresse, mais aussi des changements, encore mal documentés, sur les précipitations extrêmes. De plus, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur concentre sur son territoire une très riche diversité des milieux, de la mer à la montagne, confrontés à une forte pression anthropique.”

Toutefois, rien n’est figé et plusieurs scénarios dégradés sont envisagés par les chercheurs, du plus optimiste au plus pessimiste, vers des horizons plus ou moins lointains : 2030, 2050 ou 2070 et jusqu’à 2100. Mais les effets (sanitaires, alimentaires, économiques ou migratoires) sont déjà perceptibles sur la population et le territoire, que ce soit à l’échelle de la planète et de la région : les vagues de chaleur, l’augmentation des allergies et la recrudescence de maladies exotiques ou d’espèces invasives (moustique tigre), les phénomènes météorologiques extrêmes (tempêtes, inondations, sècheresse), etc.

Il ne s’agit pas de crier au loup, mais bien de prévoir des solutions.

Pour illustration : selon l’ONF (Office national des forêts), la région de Bordeaux pourrait atteindre d’ici 2050 les températures de Porto aujourd’hui (au Portugal). La sécheresse va selon toute logique détériorer la qualité du vin et amener un excès d’alcool. Pour parer à ce risque, des solutions sont envisagées par les chercheurs : déplacer les vignobles dans des zones plus fraiches et utiliser des cépages plus adaptés. Les cépages du Sud de l’Europe ou du sud-est de la France pourraient ainsi être privilégiés et sont déjà rentrés en phase de test…

L’agronomie (comme toutes les sciences de la nature) jouera un rôle essentiel pour optimiser les semences, les calendriers, développer l’agroforesterie, les techniques d’ombrage et d’irrigation… Pour l’économie et le patrimoine du vin en France, la transition a déjà démarré.

Pour notre littoral varois, une large prise en compte des divers intérêts et enjeux rend la démarche bien plus complexe… mais elle doit être amorcée aussi ! L’enjeu en sera la conservation de notre économie et de notre identité culturelle provençale, de l’huile d’olive au vin, en passant par les champs de lavandes et autres paysages variés tant appréciés par les touristes.

 

MISE à JOUR 2017 :
Toutes les publications du GREC-PACA sur le site air-climat.org

et celle de 2017 > La mer et le littoral de Provence-Alpes-Côte d’Azur face au changement climatique : http://www.air-climat.org/wp-content/uploads/2017/05/GREC-PACA-Mer-Littoral-BAT-HR.pdf

 

(1) Eric Martin : directeur de l’unité de recherche “Risques, écosystèmes, vulnérabilité, environnement, résilience” du centre d’Aix-en-Provence de l’institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture ((IRSTEA)

 

 

 


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