Le SCoT côté Mer

Le SCoT côté Mer

Lundi soir avait lieu à Sanary la présentation du volet Mer & Littoral du SCoT (Schéma de Cohérence territorial).
Cette présentation publique, devant une assemblée presque essentiellement composée de responsables associatifs, marque sa 4e phase d’élaboration, après le livre Bleu adopté en 2012, la phase de diagnostic et les objectifs présentés lors de la dernière réunion publique en Mars dernier à la Londe. Le jeu des questions-réponses a été soutenu…

Les enjeux de la préservation
de l’environnement à Bandol

Une fois les 5 grands objectifs rappelés (1) et pendant l’exposé des “pistes de mesures et d’orientation” en 4 parties, il est assez vite apparu, sur la cartographie du document de travail (ci-dessous), que Bandol était plus en blanc qu’en couleur, les bleu, vert et rouge étant affectés aux zones à protéger pour respectivement le milieu marin, les espaces naturels et le littoral. A une question sur les raisons de ce vide blanc dans la mer, le responsable de l’Audat a répondu que, en effet (!), la baie de Bandol-Sanary était orpheline de tout document de protection du milieu marin”. A part la ZNIEFF entre Bendor et l’Ile Rousse, la baie du Soleil (Bandol/Sanary) n’entre pas dans le périmètre des “Espaces terrestres et marins du littoral à protéger” ! Dans cette phase de travail, le SCoT Mer se contente de reporter les mesures de protections existantes. Et chez nous, il n’y en a aucune (une ZNIEFF est un “recensement”  d’espèces protégées mais pas une règlementation en soi) .

Détail de la cartographie des Espaces terrestres et marins du littoral à préserver. Document de travail – 2017

Pour les espaces naturels littoraux bandolais, qui existent pourtant mais si rares qu’ils en deviennent emblématiques, aucune mandature n’a jamais souhaité initier ou s’intégrer dans les différents programmes de protection. Parc National, Parc Naturel Régional, Aire Marine Protégée, zone Natura 2000 : on est toujours passé à côté ! Peut-être à cause du peu qu’il y a… C’est justement pourquoi, il nous parait d’autant plus important, en tant qu’association, de les protéger.

À plusieurs reprises le président du SCoT, monsieur Bénéventi, maire d’Ollioules, a lancé un appel aux communes de Sanary, Bandol et Six-Fours pour élaborer un contrat de Baie et initier ensemble une politique de préservation du milieu marin, milieu compris comme étant à la fois les habitats et fonds sous-marins, mais aussi les attenants littoraux, cordons de plages et de randonnées. (2) Aucun élu de Bandol n’étant présent, je passe le message…

L’enjeu de la protection de ces espaces est évidemment essentiel pour Bandol : des plages aux petites falaises, le capital paysager est attaqué de toute part. Les paysages littoraux sont menacés dans leur intégrité physique par des pressions identifiées ; paysages qui garantissent pourtant le cadre de vie des habitants et l’attrait touristique.

Notre prisme de lecture de ce SCoT MER

Pour la première partie, Mesures de protection du milieu marin :

– Emploi de l’impératif ! : “Le milieu marin doit être protégé”…”Les habitats naturels marins dégradés doivent être restaurés. ”

– Une attention particulière pour les herbiers de posidonies, avec maintien des banquettes sur les plages hors saison estivale, est spécifiée dans les mesures de protection [même si certains termes en ont été jugés parfois maladroits].

– Les plages, naturelles ou artificielles, sont à identifier et à qualifier dans les documents d’urbanisme au titre de la loi Littoral, et ce de manière globale (arrière plage, paysage, degré d’urbanisation) par chaque collectivité. [On peut juste regretter là que cette nouveauté arrive un peu trop tard pour la plage du Grand Vallat que le projet immobilier “O fil de l’eau” a privé d’un rare arrière-plan végétal boisé.]

La 2e partie décline 11 vocations du territoire (3). Les priorités restent économiques, et les projections de gestion intègrent peu d’éléments d’adaptation et de réelle maitrise tel qu’ambitionné dans les objectifs.

Ce volet Mer & Littoral est encore un document de travail, et même s’il opère à une échelle imprécise puisque élargie sur l’ensemble du territoire de TPM, il reste encore peu volontaire avec des mesures de préservation du milieu marin qui sont surtout des encouragements (limiter, optimiser, généraliser, développer… là, plus d’impératif !) :  vers une gestion portuaire 100% Port Propre ; une maitrise des polluants du bassin versant (ruissellement, eaux usées,…) ; une éducation à l’environnement … Puis réapparition de l’impératif en ce qui concerne la compatibilité des différents usages et des vocations avec les mesures de protections et la loi Littoral… mais ce qui n’aura vraisemblablement qu’une incidence limitée à Bandol !

La présentation de la 3e partie, relative aux projets et extensions d’infrastructures portuaires, est allée assez rapidement avec néanmoins des achoppements lors de questions du public. Le sujet est sensible et d’actualité avec notamment l’abandon à Toulon de la création du nouveau quai pour les gros bateaux de croisière dans la darse Nord, au profit d’un autre espace de 36.000m2 plus adéquat qui est laissé vacant par la DCNS.

A noter enfin une importante 4e partie afférente à la gestion du trait de côte et la vulnérabilité du territoire face aux aléas où l’on voit poindre une coordination des compétences de Gémapi, et surtout la prise en compte d’une vision à long terme à intégrer dans les politiques et aménagements publics concernant les aléas naturels littoraux. Et là forcément, on pense au projet du quai de Gaulle qui en fait l’impasse…

Extrait page 33 – Partie 4 – Gestion durable du trait de côte… Document de travail du SCoT MER – 2017

Pour la suite, les travaux de ce volet Mer du SCoT devraient être complétés jusqu’en début d’année prochaine, et il faudra attendre la fin du dernier trimestre 2018 pour l’enquête publique. Une fois adopté, il devra être intégré dans les PLU.

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(1) Les 5 grands objectifs :
I. Assurer une gestion durable du trait de côte et réduire la vulnérabilité du territoire face aux aléas érosion/submersion et éboulement de terrain.
II. Créer les conditions d’un équilibre entre le développement de l’espace littoral et marin, la préservation de la richesse écologique, la qualité des eaux côtières et des sédiments marins.
III. Maintenir et valoriser les activités liées à la mer.
IV. Maîtriser et organiser l’accueil de la plaisance à terre et en mer.
V. Promouvoir un cadre de vie de qualité sur l’espace littoral.

(2)  Page 17 de la présentation : PARTIE I : Les mesures du protection du milieu marin
” Le contrat de Baie peut constituer un dispositif pertinent pour l’ouest du territoire.”

(3) Les 11 vocations générales : Usages des plages et espaces attenants ; Nautisme ; Restauration et hébergement ; Culture et patrimoine maritime ; Marine et pêche ; Défense maritime ; Construction navale ;  Recherche et développement ; Accueil des navires ; Mouillage ; Transit maritime.


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