Le PLU de Bandol en surchauffe

Le PLU de Bandol en surchauffe

L’actualité du Plan local d’urbanisme a moins la côte auprès du public que le programme des animations et des festivités, surtout pendant l’été, et c’est peu dire qu’il n’attire pas les foules lors d’un conseil municipal en plein mois d’Août. Pourtant, le PLU fait la pluie et le beau temps en ville, au sens propre comme au figuré, surtout par les temps (chauds) qui courent… !

Canicules : que prévoit le plan local d’urbanisme dans sa dernière version ?

Face au changement climatique et aux évolutions attendues sur les littoraux (augmentation de la population, réchauffement, élévation du niveau de la mer), de nombreuses communes reconfigurent leurs PLU pour anticiper leur capacité d’aménagement et adapter leur règlementation de construction, une règlementation amenée à évoluer souvent, en fonction de la législation, des besoins sociaux et de l’adaptation aux risques.

Dans ce contexte paradoxal d’urgence sur le long terme, il faut aller vite avec des procédures qui prennent du temps. Les experts multiplient leurs alertes depuis déjà longtemps, pour ne citer que Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du GIEC, dernièrement invité au Grand entretien sur France Inter le dimanche 9 août : “Il faut absolument agir aujourd’hui, c’était le message il y a 15 ans et il reste d’actualité”…”Personne n’arrêtera l’élévation du niveau de la mer.”

extrait du MAGAZINE de l’Agence de l’eau RMC – juillet 2020 – Infographie risques climatiques

C’est donc dans une certaine logique d’évolution que le PLU de Bandol vient de se mettre à jour sur “quelques points de détails” (1) au terme d’une procédure plus rapide et sans enquête publique, une modification simplifiée engagée le 8 août 2019 et approuvée le 7 Août 2020 en conseil municipal. L’urgence invoquée est-elle une mise en conformité aux risques naturels et climatiques, inondation, incendie, érosion, ou encore des recommandations face aux submersions marines ou aux canicules ? Non, rien de tout ça. Nada. Dans ces derniers amendements, le PLU est resté muet sur ce qui aurait pu engager rapidement des améliorations pour vivre le “moins mal possible” les excès climatiques. Ceux qui lisent ces lignes pour avoir la réponse à la question posée “Que prévoit le plan local d’urbanisme de BANDOL face aux canicules ?” peuvent donc aller à la plage tout de suite pour se rafraichir… Ceux qui se demandent comment un PLU pourrait apporter des solutions peuvent continuer la lecture.

Un PLU pour construire plus…

Entre viviers de solutions innovantes et vulgaires agglomérats d’habitats, depuis des décennies les cités humaines se développent et se cherchent. Pour corriger les dérives d’une urbanisation durablement impactante, les bonnes recettes en la matière se suivent et ne se ressemblent pas toujours, les recettes d’hier n’étant pas forcément celles d’aujourd’hui et encore moins celles de demain.

L’urbanisme des années 70 a massivement bétonné ; en 2000 la loi SRU a imposé le «renouvellement urbain» ; en 2014 la loi ALUR a renforcé le principe d’une «utilisation économe des espaces» pour limiter la consommation du foncier ; la loi Elan de 2018 en a simplifié les normes pour construire plus et plus vite, alors que la même année le plan Biodiversité fixait l’objectif ambitieux de « zéro artificialisation nette », toute consommation de foncier urbain devant être compensé par une renaturation d’espaces artificialisés. Les lois d’urbanisme se cumulent et parfois s’opposent, prétendant résoudre des enjeux sociaux de logement et restent peu efficaces à contenir les dérives. Depuis 20 ans le principe de densification tente de s’opposer à celui de l’étalement urbain, complété par le principe de compensation mais au final l’artificialisation continue de progresser partout. Ici comme ailleurs, les répercutions sont sensibles sur la qualité de vie des habitants et le bon état écologique de la ville.

Source : OBJECTIF « ZÉRO ARTIFICIALISATION NETTE » : QUELS LEVIERS POUR PROTÉGER LES SOLS ?

Comme simple extension légitime des habitats humains, l’urbanisation ne serait pas à blâmer, si ce n’est que concrètement elle se traduit toujours par une artificialisation des sols, et c’est bien là en réalité le problème avec à la clé une dégradation de la qualité de l’habitat : création d’îlots de chaleur, ruissellement urbain, pollution… Les canalisations d’assainissement débordent, les plages ferment régulièrement, les canicules estivales s’enchainent, bientôt suivies par les inondations hivernales. Une accumulation fâcheuse qui va souvent de paire avec une dévalorisation du paysage.

Qu’en est-il du PLU de Bandol ?

En l’occurence, en plus du déclassement partiel d’un des rares Espaces boisés classés urbain bandolais (bois Maurin), le contenu de cette récente modification simplifiée se fixe seulement pour objectif assumé de “permettre de nouveaux projets” : plus de constructibilité en zone U (hauteurs, niveaux habitables, accès), et en zones naturelles (extension, réaménagement, annexes) et moins de contrainte en espaces verts (parking).

Bandol suit ainsi une tendance où l’exception devient la règle de manière opportune en mode de sécurisation juridique. Cette nouvelle modification porte plus de dérogations à la constructibilité que d’intégration de mesures protectrices.

… ou un PLU pour construire mieux

S’il est vrai qu’une urbanisation irréfléchie aggrave les effets du climat, l’art et la manière d’urbaniser, la répartition et la forme du bâti peuvent avoir une influence positive dans la lutte contre les effets du réchauffement climatique. Et, si elle est envisagée souvent comme alternative pragmatique à la consommation foncière, la densification n’arrange pas forcément les choses en matière de ressenti, parfois bien au contraire :

“À l’échelle des habitations et des quartiers, la densité du bâti et les surfaces artificielles contribuent, on le voit, à l’amplification des canicules en ville, en empêchant la baisse de température nocturne. À l’inverse, les quartiers pavillonnaires ou peu denses des banlieues, avec un ratio de moins de 50 % de bâti, permettent de limiter l’élévation de température, et la présence de végétation rafraîchit globalement ces quartiers, par ombrage et évaporation.”

source : The Conversation , Canicule et urbanisme : arrêtons de densifier nos villes !

D’ailleurs, en matière d’aménagement du territoire et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la quatrième ministre de la Transition écologique du quinquennat, espérait un « basculement dans l’histoire urbaine du pays » , un ralentissement du rythme de bétonisation, la réduction du gaspillage énergétique de certains bâtiments et la fin de pratiques qualifiées d’aberration écologique.

Construire mieux est tout l’enjeu d’un bon PLU : le dessein d’une ville agréable commence par sa planification et le règlement qui le régit, le rôle de l’urbaniste étant moins celui d’un juriste que celui de créateur d’un cadre de vie habitable. Le propos du juriste est l’intérêt du particulier, celui de l’urbaniste est l’intérêt général.

Les outils d’un urbanisme intelligent

Après la tendance de l’étalement, qui a conduit inévitablement à une pénurie du foncier disponible dans notre commune d’à peine 9 km2, est ensuite venu le temps de la densification dans une escalade de hauteurs autorisées qui supprime peu à peu les “vues sur mer” [un comble pour une ville qui se prévaut d’une forte attractivité résidentielle ! (4)]. Mais désormais la fréquence des canicules augmentées de l’albedo urbain font naitre l’exigence de nouveaux concepts urbains.

Augmentation de la fréquence des canicules observée par Météo-France

• Les critères Energie-Climat du Grenelle

Ainsi, le volet « Bâtiments et urbanisme » du Grenelle de l’environnement de 2010 (2) s’applique à réduire l’impact négatif de l’urbanisation, et dont les critères « Energie-Climat » peuvent être articulés dans le PLU selon les 3 grandes thématiques :
1 – Gestion de l’espace
2 – Performance énergétique du bâti
3 – Organisation du stationnement
Au niveau local, la promotion des énergies renouvelables et la réduction de la consommation énergétique (chauffage, climatisation…) et des gaz à effet de serre sont des objectifs obligatoirement visés par les documents d’urbanisme.

• Cartographie micro-climatique

Autre exemple d’outil : la métropole du Toulouse, en partenariat avec Météo France, s’est doté tout récemment d’un Atlas climatique sur son périmètre et insiste dans son préambule sur l’urgence : “Le changement climatique est une réalité qui ne fait plus débat. La mise en œuvre de politiques publiques adaptées et généralisées devient urgente. Si la question est planétaire et relève d’une prise en charge internationale et nationale, les réponses sont pour beaucoup de l’ordre de l’action locale.”

La lutte contre les îlots de chaleur urbains, pour une ville résiliente
“Reconsidérer la conception de la ville pour la rafraîchir et réduire l’apparition des îlots de chaleur urbains constitue désormais un enjeu essentiel de sa résilience face au changement climatique.”

Source : https://www.aua-toulouse.org/wp-content/uploads/2020/06/AtlasClimatique-v2light.pdf

Si ce type de mise de diagnostic est particulièrement pertinent à une large échelle de territoire (métropole), il est aussi parfaitement applicable à une échelle communale pour maitriser l’augmentation des températures d’une ville dépendante de sa qualité d’accueil touristique. (exemple ci-dessous de la cartographie pour Bandol mettant en parallèle le type de construction avec les îlots de chaleurs urbain)

“L’intégration de cartes climatiques comme celles proposées par le programme MApUCE [modélisation appliquée Urbanisme Climat Energie] constitue un outil d’identification des espaces potentiellement touchés par les îlots de chaleur urbaine et permet d’analyser les principaux facteurs de formation de ces îlots. Une fois ces éléments identifiés, les pistes d’action peuvent être explicitées afin de justifier les mesures contenues dans le reste des documents dont les effets sont plus prescriptifs (DOO du SCoT, règlement du PLU(i).” (4)

Non solum sed etiam

Pour chaque problématique identifiée (chaleur, inondation, pollution), les recettes d’urbanisme pour mieux faire sont connues. Encore faut-il savoir choisir ses priorités à l’échelle locale… Entre bien-être des habitants, résilience des structures, économie résidentielle et simple sécurisation juridique, la modification simplifiée n°1 du PLU de Bandol se positionne surtout sur les deux dernières options. Ainsi, non seulement la seule urgence de notre PLU a été de faciliter la constructibilité, mais cela au détriment de zones naturelles (EBC, N2c, AU1s, N) utiles pour la régularisation des températures.

Bien que notre commune littorale bénéficie de la proximité immédiate de la mer qui tempère les pics de canicules, ses qualités d’accueil restent très dépendantes de sa capacité à maîtriser les désagréments d’une chaleur trop cuisante que connaissent bien les provençaux. Pourtant la course à l’urbanisation ne prend plus le soin d’intégrer des précautions de bon sens telles que la simple conservation des grands arbres d’ombrage. Les phénomènes de chaleur urbaine s’accroissent donc en proportion de l’augmentation des surfaces artificialisées, tout comme les risques de ruissellement d’une ville à fort dévers.

Une nouvelle révision, plus conséquente, maintes fois annoncée depuis 2016, serait déjà programmée, un appel d’offre pour le prestataire de l’étude ayant même été conclu pendant la période de confinement. Aussi peut-on espérer que cette fois, le Plan local d’urbanisme de Bandol pourra combler ses insuffisances en se dotant des outils règlementaires pour un développement urbain prévoyant d’améliorer le bien-être de ses habitants, et de protéger son littoral.

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(1) Le dossier consultable de la Modification simplifiée N°1 du PLU de BANDOL votée le 7 août 2020.
Lire aussi http://bandol-littoral.org/modification-simplifiee-du-plu/

(2) Correspond, dans les DISPOSITIONS GENERALES du PLU de Bandol, à l’Article 1 – Champ d’application territoriale, alinéa 14 sur la LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement.

(3) A Bandol, “les acheteurs souhaitent, en priorité, bénéficier d’une jolie vue sur la mer sans trop s’éloigner du centre. La topographie de la ville, très vallonnée et orientée au sud, offre à un grand nombre de biens une perspective ensoleillée sur la Méditerranée” affichant “des prix supérieurs à 10 000 €/m²”.
Source l’article de SeLoger.com : Bandol : « L’immobilier est dominé par les résidences secondaires »

(4) Le Guide méthodologique du projet MApUCE


S’adapter n’est pas un choix

Adapter nos plages au changement climatique, alléger la pression sur les littoraux, protéger les écosystèmes autant -sinon plus- que le développement économique… je rêve, me direz-vous ! Et bien pas tant que ça… Amoindrir les inondations systématiques, trouver des solutions aux submersions à répétitions, et s’adapter aux risques devient une nécessité rappelée à chaque épisode climatique extrême.

Le changement climatique, un facteur accélérant à prendre en compte

Tous les voyants sont au rouge. Les activités humaines ont enclenché une modification du climat à l’échelle planétaire, perceptible au niveau local. De nombreux rapports et avis d’experts scientifiques se succèdent pour alerter l’opinion publique et les décideurs sur l’état de la planète.

Le temps des prévisions est dépassé, et les effets “boomerang” du changement climatique s’observent maintenant en temps réel grâce à la magie d’internet : les glaciers disparaissent, les forêts brûlent, la biodiversité s’effondre, le thermomètre s’affole et nos villes se révèlent inconfortables : canicules, pollution, inondations et en littoral les submersions deviennent régulières. L’Homo sapiens mordicus persiste à croire que la sphère économico-financière et ses territoires gris vont survivre hors-sol, sans se soucier de la mer qui monte et dessine un autre trait de côte. Dans le même élan, de nombreuses communes balnéaires, comme Bandol, exploitent une image idéalisée de leur territoire [quand bien même révolue]*, et continuent globalement de promouvoir une attractivité et un développement urbain fantasmés.

* Cynisme ; en couverture d’une brochure de promotion immobilière distribuée actuellement,
ce paysage luxuriant et vendeur n’existe pourtant plus depuis que
les jardins de gauche en arrière-plage ont été rasés… pour la construction d’un projet immobilier !

Après moi le déluge…

Certains même semblent penser que le salut est dans l’accélération, histoire de prendre de vitesse cet effondrement qui n’en finit pas de s’effondrer ! Construire plus, rechercher la croissance au mépris de la prudence, engranger des profits à court terme tant qu’on peut.

Le cas des communes touristiques littorales est en cela significatif. L’“attractivité” est souvent avancée comme l’objectif prioritaire, alors même que sa principale ressource qu’est l’environnement naturel est également la première victime d’activités promues jusqu’à l’excès (surfréquentation, tension immobilière et sociale, surconsommation des ressources, surproduction de déchets, pollution…). Le déséquilibre vient en réalité plus d’une mauvaise estime de la capacité d’accueil globalisée (population permanente augmentée de la population touristique) que d’une réelle incapacité d’anticipation. Les facteurs de nuisance sont connus ; les solutions pour les pallier tout autant. Le “manque de volonté” à mettre en œuvre ces solutions, invoqué jusque là par les experts pour justifier l’inaction, est aujourd’hui qualifié de “forte résistance”, arc-boutée sur des intérêts court-termistes.

L’emballement climatique et ses effets économiques pourrait bien changer la donne. La canicule de cette année a fortement impacté la fréquentation estivale. La conjugaison croisée de l’attractivité des territoires littoraux avec le changement climatique montre des limites.

Article de Var Matin

Un rapport parmi d’autres

Issues de nombreux diagnostics, concertations, et autres expertises, des solutions sont à l’étude et des alternatives se dessinent dans des rapports officiels. Mais au-delà de leur réalisation technique, le vrai défi est leur acceptabilité… et parfois des rapports restent oubliés dans les tiroirs si leurs conclusions ne se révèlent pas sociologiquement “réalistes”.

Il a fallu des décennies au fameux Rapport Meadows [publié en 1972] pour être (re-)connu du grand public ; depuis, la conscience environnementale s’est plus largement répandue et les rapports du Giec font la une des médias sitôt leur parution.

Pourtant cela n’a pas été le cas d’un rapport récent, commandé par le ministère de la transition écologique fin 2018 et publié en Mars 2019, et qui devrait connaitre certaines résistances” [alors on vous en parle quand même…] : le Rapport de recomposition spatiale des territoires pose la problématique de l’adaptation des territoires littoraux face à l’érosion et au changement climatique.

Le constat : “La hausse du niveau des océans est l’un des enjeux majeurs du changement climatique. Elle impacte les littoraux, où la croissance démographique et économique continue d’être importante, en accélérant la mobilité du trait de côte : environ un quart du littoral en France est concerné par l’effet de l’érosion. La nature des réponses à apporter au recul du trait de côte pour ces territoires se pose donc avec acuité…”

Extrait de la lettre de mission du rapport co-signée par les ministères de l’intérieur, des finances et de la transition écologique du 1er octobre 2018.

Une dynamique de réflexion est officiellement lancée par le gouvernement. Et pas des moindres ! Ce rapport propose “des pistes de financement qui inciteraient à anticiper les conséquences du recul du trait de côte et à mettre en œuvre dès à présent des projets de recomposition des territoires littoraux.

Ce rapport préfigure des moyens règlementaires de réaménagement des territoires littoraux menacés par l’érosion côtière, c’est-à-dire en clair le recul de l’urbanisation, dans la lignée de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC), qui vise à :
“- la réduction de la vulnérabilité des populations et des biens vis-à-vis de la submersion marine et de l’érosion côtière ;
– l’atténuation de ces phénomènes par la restauration des écosystèmes naturels protecteurs ;
– et une renaturation du littoral ainsi qu’une nouvelle façon de penser l’aménagement à l’échelle de l’intercommunalité pour en garantir durablement la richesse environnementale. “

Or, il n’est pas communément admis que l’urbanisation des littoraux puisse aller autrement que croissante… Ce rapport augure donc un changement de paradigme et se heurte à des principes tenus pour acquis.

La croissance urbaine va-elle encore de soi dans des zones à risques, alors que certaines villes, voire grandes métropoles, sont elles-même déjà en décroissance (voir numéro de juillet 2019 de la revue Diagonal, n°206) ? Quelle est l’espérance de vie d’une construction les pieds dans l’eau aujourd’hui ? Avec les estimations des impacts du changement climatique sans cesse revues à la hausse, et la récurrence des tempêtes, quelle valeur a aujourd’hui un investissement sur le Domaine Public Maritime, une zone inondable ou une zone submersible ? La politique du tout béton a-t-elle encore du sens quand l’imperméabilisation est pointée du doigt ?

Autant de questions que l’on peut -et que l’on va devoir- se poser… illustrées à Bandol par des constructions récentes telles que les résidences O fil de l’eau et Les perles Marines, le Méditerranée, ou plus anciennes comme la résidence Athéna Port récemment classée au patrimoine architectural communal.

Anticiper pour s’adapter

Depuis plus de 30 ans, la loi Littoral tente de freiner l’urbanisation des côtes dans un esprit de préservation, de mesure et de prévention. Aujourd’hui le frein ne suffit plus et une marche arrière s’impose par endroit, avec éventuellement, si la possibilité existe, un allègement du foncier bâti dans les zones littorales dangereuses ! Mais comment faire accepter ce repli ? Après avoir avancer sur la mer, saura-t-on passer de l’arrogance à l’humilité face aux éléments ? Ce rapport offre peut-être une opportunité de mettre à jour des outils pragmatiques sur le long terme, adaptés aux projections.

Une nouvelle manière d’envisager l’aménagement des littoraux est en train d’émerger, alors même que ne pas “développer et valoriser” le foncier côtier s’apparente encore pour l’instant à une hérésie. La façon de penser notre implantation en bord de mer est déjà en train d’évoluer en coulisse. Cela ne se fera pas du jour au lendemain mais, pour de nombreux spécialistes du territoire, l’adaptation pour la préservation des plages face aux risques liés au changement climatique ne sont déjà une option mais une nécessité. D’une manière ou d’une autre, il faudra en accepter les implications. La question des moyens à employer reste à définir, mais avant cela, pourrait-on dès maintenant, dans le doute, s’abstenir de trop avancer pour ensuite avoir à reculer d’autant plus.

« Nul besoin de faire de la Terre un paradis : elle en est un. A nous de nous adapter pour l’habiter. » Henry Miller


Pour en savoir plus :

• Le Conservatoire du littoral : un acteur face au changement climatique : http://www.set-revue.fr/sites/default/files/articles/pdf/set-revue-changement-climat-littoral.pdf

Lambert ML – « Le recul stratégique – De l’anticipation nécessaire aux innovations juridiques », in : Droit des risques littoraux et changement climatique – connaissance, anticipation, innovation, éditions Vertigo 2015 https://journals.openedition.org/vertigo/15812)

Hélène Rey-Valette et Bénédicte Rulleau – “Gouvernance des politiques de relocalisation face au risque de montée du niveau de la mer” https://journals.openedition.org/developpementdurable/11282


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