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Le mur de la honte sera-t-il démoli ?

Surnommé le “mur de la honte”, le mur de clôture qui occulte le panorama du sentier littoral avenue George V, entre la calanque du Capelan et celle de l’Anglaise, est désormais illégal puisque le maire a annulé son autorisation par un arrêté du 24 Août 2020 (ARRP2020-08 Retrait de non opposition à la déclaration préalable de travaux). Après quelques pas de danse et tergiversations, cet arrêté municipal considère finalement le mur inapproprié dans une zone naturelle en ces termes : “ne participe pas à une bonne intégration dans le site”, “crée un impact massif et de barre donnant le sentiment d’enfermement”.

Extrait de l’ARRP 2020 N°8

L’autorisation est donc aujourd’hui abrogée par le jeu des délais légaux applicables aux documents d’urbanisme, ce qui rend le “projet” de ce mur irrégulier aux yeux de l’administration ; pourtant il existe bel et bien !

En fait, les travaux étant déjà finis à la date où ils ont été autorisés la seconde fois, la déclaration “préalable” de travaux (DP) était plutôt rétrospective !

Souvenez-vous…

C’était en début d’année 2020, à partir de fin janvier, que l’élévation d’un mur imposant avait interpellé promeneurs et riverains du sentier littoral dans une zone réputée inconstructible (espace remarquable littoral, bande des 100m et zone classée N1L par le PLU au titre de la loi Littoral) (1) : en massives pierres de taille calcaires, 50 cm de large, 2 mètres de hauteur, sur un linéaire d’environ 50 mètres [et non 27m comme le mentionne l’arrêté !]), l’ouvrage aux allures de muraille dans cet espace remarquable a été pour le moins remarqué !

Photo prise le 6 février 2020

En peu de temps, le paysage panoramique habituel a disparu aux yeux des promeneurs.

Du fait de son impact sur la qualité du paysage et le caractère du site (nous le rappelons, encore une fois : inconstructible), cette présumée rénovation de clôture* a suscité le mécontentement de la population.
Une pétition avait été lancée, et des tracts distribués sur le marché.

*Ces travaux faisaient suite à une déclaration préalable de travaux [DP8300919 B0142 pour Rénovation d’une clôture] déposée en bonne et due forme le 22/11/2019, et acceptée par la Mairie de Bandol le 11/12/2019.

Photo prise le 17 février 2020

Suite à cette mobilisation, par un courrier du 28 février 2020, la mairie avait enjoint au propriétaire de revoir les proportions de l’ouvrage sous peine de retrait de son autorisation. [A cette date le mur est entièrement monté.]

Extrait du courrier de la mairie suspendant son intention d’annulation du 28 février 2020

Ce dernier a alors déposé le 2 Mars 2020, une nouvelle déclaration préalable de travaux [DP08300920B0038], cependant la construction du mur était déjà achevée.

Photo prise le 7 mars 2020
Extrait du Plan d’élévation de projet de la 2e DP [DP083 009 20 B00038]

A la lecture des plans, force est de constater que la seconde version présentait un projet inchangé “dans le résultat final au niveau de la partie déjà construite” quant à son impact de fermeture du paysage : pourtant la nouvelle DP est délivrée par la Marie de Bandol le 29 avril 2020.

Ce mur a donc été autorisé par 2 fois, motivant plusieurs requêtes d’associations auprès du Tribunal administratif (2), et 2 avis d’annulations de la municipalité.

Le mur en Juillet 2020

Alors que signifie cette dernière décision de la mairie ?

La Mairie va-t-elle donner suite à ce retrait d’autorisation dans les faits ou bien est-ce juste une décision de papier ?
Le mur va-t-il être maintenu malgré son impact sur le paysage ou en fin de compte le mur pourrait-il être démonté, ne serait-ce que partiellement (27 mètres) et remis dans ses proportions d’origine ? Y aura-t-il une 3e version de la DP ?

Peut-on laisser en place des ouvrages non conformes au PLU qui nuisent au paysage ? Se pose la question de la règlementation des clôtures et de leur impact sur notre cadre de vie…

Et si tout le monde rénovait sa clôture comme ça… ?

Extrapolation

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(1) PRINCIPES d’INCONSTRUCTIBILITE relative aux espaces remarquables littoraux, bande des 100m et zone naturelle classée par le PLU au titre de la loi Littoral (N1L) :
Dans un espace remarquable littoral, identifié et délimité par le SCoT tel que défini par l’article 121-23 du Code de l’urbanisme : L’article L.121-23 du Code de l’urbanisme assigne l’obligation de préserver les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques.
Les espaces remarquables sont inconstructibles et doivent être préservés dans tous leurs caractères.

Dans une bande de 100 mètres à compter du rivage ; Selon l’article L121-16 code de l’urbanisme « en dehors des espaces urbanisés, les constructions ou installations sont interdites sur une bande littorale de 100 m à compter de la limite haute du rivage ou des plus hautes eaux (…). » Dans cette bande littorale, toutes les constructions ou installations sont interdites. Les seules exceptions admises à cette inconstructibilité ne peuvent être interprétées comme autorisant un mur d’enceinte de plus de 2m de hauteur.
Dans une zone classée par le plan local d’urbanisme N1L au titre de la loi Littoral. Selon l’Article R 121-5 du code de l’urbanisme la zone N1L est définie comme étant « un secteur correspondant à des espaces naturels présentant une grande valeur et nécessitant une protection renforcée ».

(2) Bandol Littoral a déposé une requête auprès du Tribunal Administratif de Toulon le 23 juillet 2020, demandant annulation de l’autorisation de cette seconde déclaration et démontage de l’ouvrage existant.


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Mouillage & posidonies

L’arrêté départemental pour les zones de mouillage autorisées est en consultation jusqu’au 5 octobre. (1)

Toujours protéger la Posidonie de Méditerranée

Depuis un certain temps déjà, parmi les scientifiques et spécialistes des herbiers de posidonie, la nécessité de réglementer le mouillage, en particulier pour les unités supérieures à 24 mètres, fait consensus.

A cela plusieurs motifs expliqués par la préfecture maritime : “Ce renforcement de la réglementation du mouillage et de l’arrêt des navires dans les eaux intérieures et territoriales françaises de Méditerranée a été initié par la nécessité de mieux encadrer ces activités, en raison de la très grande fréquentation du littoral méditerranéen, par l’augmentation importante de la taille des navires ces dernières années et la dégradation inquiétante des herbiers de posidonie présents par des fonds compris entre 0 à 40 mètres maximum.”

La taille du bateau étant généralement proportionnelle à celle de l’ancre, les plus gros font les plus gros dégâts, et le mouillage est apriori l’impact anthropique le plus facile à corriger. Le seuil de 24 m se rapporte aux navires étant localisés grâce à leur système AIS (Automatic Identification System), ce qui permet leur repérage et leur suivi. Lors d’une conférence maritime de façade le 29 avril 2019 aux Embiez, la préfecture maritime s’était engagée à renforcer la protection des herbiers de posidonies, en prélude à l’arrêté préfectoral n° 123/2019 du 3 juin 2019.

Depuis, une concertation impliquant de nombreux acteurs de la mer et des littoraux, à laquelle nous avons participé, a été menée par la DDTM et la préfecture maritime pour identifier les zones à protéger, selon des enjeux d’usages et de fragilité.
Retour que l’une de ces réunions : https://fnepaca.fr/2020/06/29/mer-des-echanges-nourris-autour-denjeux-marques/

Cet arrêté a pour but de formaliser la règlementation et mieux encadrer les usages. La mise en œuvre de la protection des posidonies se concrétise par une double stratégie :
interdiction du mouillage dans les herbiers pour les navires de plus de 24m. A noter que la Posidonie étant strictement protégée depuis 1988, il est interdit d’y porter atteinte de quelque manière que ce soit. Les bateaux de moins de 24m ne sont pas concernés par cette interdiction de mouillage mais il est toujours conseillé de rechercher des bans de sable pour éviter les dégradations en zones surfréquentées.
multiplication de ZMEL. Les ZMEL sont des zones de mouillage et d’équipements légers qui permettent un ancrage possible temporaire pour des bateaux en transit (72 h max).
Cependant elles ne doivent pas être confondues avec une extension portuaire. Aujourd’hui, beaucoup d’autorisations d’occupation temporaire (AOT) du domaine public maritime se transforment en ZMEL. La zone d’AOT du Grand Vallat à Bandol fait l’objet d’une demande de création de ZMEL, de 55 à 85 amarrages.

Ci-dessous, cartographies du zonage de mouillage proposé à comparer aux implantations d’herbiers en baie de Bandol.

(1) L’arrêté en consultation à télécharger : https://www.premar-mediterranee.gouv.fr/uploads/mediterranee/arretes/eec503812bac663e9c5536c6d5a59ee1.pdf


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Le Trou de Madame, légende et réalité

A l’occasion des Journées du Patrimoine, nous partageons ici un texte de Lucien Grillon, retrouvé au hasard d’un rangement dans les archives personnelles de Raymond Culioli, à qui il était adressé, par sa fille qui nous l’a gentiment remis, ce dont nous l’en remercions.

LE TROU DE MADAME

Conte Bandolais
à H. G.

Il faisait, en ce jour de mars, un de ces temps qui crient la Provence.

Le ciel était d’une transparence surnaturelle. Il soufflait un des mistrals, véritables loubards du ciel, qui chassait devant lui une troupe de blancs nuages affolés, aux figures fantasmagoriques, et qui, le temps de promener leur ombre géante sur le bleu de la mer s’évanouissaient presque aussitôt, remplacés par une autre armée en retraite qui fuyait devant le maître du ciel.

J’aime, ces jours là, contempler, du Tour de Corniche, le spectacle de la mer, qui, par vagues successives vient s’écraser sur les rochers.
Dans le vent qui hurle, les vagues qui grondent, le gravier qui tambourine, on entend confusément comme une respiration profonde entre les rochers quand les vagues se retirent. Ce jour là, un long gémissement lancinant naissait puis s’évanouissait, comme une plainte. Elle montait du gouffre noir entre les rochers, aussitôt couverte par le vacarme, pour s’élever à nouveau.


Et puis, tout à coup, ( par quelle magie ?) on entendit vaguement : « Par pitié, écoutez moi ! » Hélas ! la suite se perdait dans le fracas de la nature. Puis, la respiration profonde disait à nouveau « Par pitié, écoutez moi. Je suis Anne GIRARDIN de VAUVRE ».
Et c’est ainsi que, dans les répits que laissait la nature en furie, Anne GIRARDIN de VAUVRE m’a raconté son histoire.

“L’an mil six cent quatre-vingt dix neuf, le septième octobre, j’ai épousé à TOULON, Messire François BOYER FORESTA, seigneur de BANDOL, Conseiller du Roy en ses conseils, Président à Mortier au parlement de Provence, fils à feu Messire François BOYER, vivant, chevalier, seigneur de BANDOL, et de dame Catherine de MAUREL de PONTEVES, de la ville d’AIX.
J’aimais mon peuple de Bandolais qui me le rendaient bien. Ils savaient mon amour pour les bains à la mer. Comme ils craignaient pour moi la colère et la traîtrise des vagues, ils m’avaient ciselé dans le plateau rocheux qui s’incline vers la mer, un bassin d’où partait un canal d’amenée d’eau. L’eau de cette baignoire rustique se renouvelait ainsi avec le flux, en même tant que le soleil la réchauffait, et j’étais en sécurité. Les Bandolais la baptisèrent « Le Trou de Madame ». Ils en étaient très fiers. Pour prendre mon bain je n’avais qu’à descendre la falaise au sommet de laquelle était bâti le château. L’environnement était complètement désert, d’ailleurs les Bandolais respectaient scrupuleusement mon intimité ; ils ne se seraient jamais permis de la troubler.

Un jour, semblable à celui d’aujourd’hui, dans la nuit, un navire corsaire se fracassait sur les récifs. Et, lorsque, le calme revenu, je suis descendue au Trou de Madame, j’ai trouvé un corsaire râlant, geignant. C’était le seul survivant du naufrage ; une puissante vague l’avait porté sur son dos, lui avait fait franchir la barre rocheuse et l’avait déposé dans mon bassin aux eaux calmes toutes rougeoyantes du sang perdu par le naufragé. Si je le dénonçais au château, je craignais pour lui que les « Suisses » de la garnison ne l’achèvent. Je l’ai soigné, nourri comme j’ai pu et guéri, protégée que j’étais par la discrétion absolue des Bandolais. Mon corsaire était jeune, il était beau, nous nous sommes aimés. Le Trou de Madame, seul connaissait notre secret.
Je ne sais combien a duré notre amour puisqu’il a franchi les siècles, et que nos âmes depuis toujours se retrouvaient à notre rendez-vous.

Tu te demande sans doute, pourquoi alors, je gémis et je pleure aujourd’hui. Oui. Je vais te le dire.
De ce « Trou de Madame », hommes du 20ème siècle, qu’en avez-vous fait, ce cadeau que les Bandolais m’avaient offert, que des générations ont respecté et qui y menaient les petits enfants patauger avant de les lâcher dans la mer, ce Trou de Madame qui faisait partie de ces légendes dont les peuples se nourrissent, ô, vandales du 20ème siècle, vous l’avez détruit, vous l’avez enseveli, vous l’avez fait disparaître sous un amas de gravats, détritus, pierres, et pourquoi faire ? Pour qu’une route y passe dessus, le piétine et que mon corsaire ne retrouvera plus jamais. Les barbares c’est vous qui démolissez les traces du passé, l’œuvre de vos ancêtres. C’est un sacrilège, vous ne respectez plus les lieux les plus sacrés. Un jour que ne ferez-vous pas disparaître pour satisfaire vos idées de grandeur, de technique futuriste ? ».

J’ai essayé de calmer cette furie déchaînée en plaidant coupable avec circonstances atténuantes, mais je n’ai eu droit qu’à un provoquant « à Dieu » et je n’ai plus entendu que la respiration profonde de la mer entre les rochers.

Lucien GRILLON

1903-1997
Auteur de “Bandol, deux siècles d’histoire, 1585-1790”

[la naissance et l’essor d’un village de la Provence maritime]


Le PLU de Bandol en surchauffe

L’actualité du Plan local d’urbanisme a moins la côte auprès du public que le programme des animations et des festivités, surtout pendant l’été, et c’est peu dire qu’il n’attire pas les foules lors d’un conseil municipal en plein mois d’Août. Pourtant, le PLU fait la pluie et le beau temps en ville, au sens propre comme au figuré, surtout par les temps (chauds) qui courent… !

Canicules : que prévoit le plan local d’urbanisme dans sa dernière version ?

Face au changement climatique et aux évolutions attendues sur les littoraux (augmentation de la population, réchauffement, élévation du niveau de la mer), de nombreuses communes reconfigurent leurs PLU pour anticiper leur capacité d’aménagement et adapter leur règlementation de construction, une règlementation amenée à évoluer souvent, en fonction de la législation, des besoins sociaux et de l’adaptation aux risques.

Dans ce contexte paradoxal d’urgence sur le long terme, il faut aller vite avec des procédures qui prennent du temps. Les experts multiplient leurs alertes depuis déjà longtemps, pour ne citer que Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du GIEC, dernièrement invité au Grand entretien sur France Inter le dimanche 9 août : “Il faut absolument agir aujourd’hui, c’était le message il y a 15 ans et il reste d’actualité”…”Personne n’arrêtera l’élévation du niveau de la mer.”

extrait du MAGAZINE de l’Agence de l’eau RMC – juillet 2020 – Infographie risques climatiques

C’est donc dans une certaine logique d’évolution que le PLU de Bandol vient de se mettre à jour sur “quelques points de détails” (1) au terme d’une procédure plus rapide et sans enquête publique, une modification simplifiée engagée le 8 août 2019 et approuvée le 7 Août 2020 en conseil municipal. L’urgence invoquée est-elle une mise en conformité aux risques naturels et climatiques, inondation, incendie, érosion, ou encore des recommandations face aux submersions marines ou aux canicules ? Non, rien de tout ça. Nada. Dans ces derniers amendements, le PLU est resté muet sur ce qui aurait pu engager rapidement des améliorations pour vivre le “moins mal possible” les excès climatiques. Ceux qui lisent ces lignes pour avoir la réponse à la question posée “Que prévoit le plan local d’urbanisme de BANDOL face aux canicules ?” peuvent donc aller à la plage tout de suite pour se rafraichir… Ceux qui se demandent comment un PLU pourrait apporter des solutions peuvent continuer la lecture.

Un PLU pour construire plus…

Entre viviers de solutions innovantes et vulgaires agglomérats d’habitats, depuis des décennies les cités humaines se développent et se cherchent. Pour corriger les dérives d’une urbanisation durablement impactante, les bonnes recettes en la matière se suivent et ne se ressemblent pas toujours, les recettes d’hier n’étant pas forcément celles d’aujourd’hui et encore moins celles de demain.

L’urbanisme des années 70 a massivement bétonné ; en 2000 la loi SRU a imposé le «renouvellement urbain» ; en 2014 la loi ALUR a renforcé le principe d’une «utilisation économe des espaces» pour limiter la consommation du foncier ; la loi Elan de 2018 en a simplifié les normes pour construire plus et plus vite, alors que la même année le plan Biodiversité fixait l’objectif ambitieux de « zéro artificialisation nette », toute consommation de foncier urbain devant être compensé par une renaturation d’espaces artificialisés. Les lois d’urbanisme se cumulent et parfois s’opposent, prétendant résoudre des enjeux sociaux de logement et restent peu efficaces à contenir les dérives. Depuis 20 ans le principe de densification tente de s’opposer à celui de l’étalement urbain, complété par le principe de compensation mais au final l’artificialisation continue de progresser partout. Ici comme ailleurs, les répercutions sont sensibles sur la qualité de vie des habitants et le bon état écologique de la ville.

Source : OBJECTIF « ZÉRO ARTIFICIALISATION NETTE » : QUELS LEVIERS POUR PROTÉGER LES SOLS ?

Comme simple extension légitime des habitats humains, l’urbanisation ne serait pas à blâmer, si ce n’est que concrètement elle se traduit toujours par une artificialisation des sols, et c’est bien là en réalité le problème avec à la clé une dégradation de la qualité de l’habitat : création d’îlots de chaleur, ruissellement urbain, pollution… Les canalisations d’assainissement débordent, les plages ferment régulièrement, les canicules estivales s’enchainent, bientôt suivies par les inondations hivernales. Une accumulation fâcheuse qui va souvent de paire avec une dévalorisation du paysage.

Qu’en est-il du PLU de Bandol ?

En l’occurence, en plus du déclassement partiel d’un des rares Espaces boisés classés urbain bandolais (bois Maurin), le contenu de cette récente modification simplifiée se fixe seulement pour objectif assumé de “permettre de nouveaux projets” : plus de constructibilité en zone U (hauteurs, niveaux habitables, accès), et en zones naturelles (extension, réaménagement, annexes) et moins de contrainte en espaces verts (parking).

Bandol suit ainsi une tendance où l’exception devient la règle de manière opportune en mode de sécurisation juridique. Cette nouvelle modification porte plus de dérogations à la constructibilité que d’intégration de mesures protectrices.

… ou un PLU pour construire mieux

S’il est vrai qu’une urbanisation irréfléchie aggrave les effets du climat, l’art et la manière d’urbaniser, la répartition et la forme du bâti peuvent avoir une influence positive dans la lutte contre les effets du réchauffement climatique. Et, si elle est envisagée souvent comme alternative pragmatique à la consommation foncière, la densification n’arrange pas forcément les choses en matière de ressenti, parfois bien au contraire :

“À l’échelle des habitations et des quartiers, la densité du bâti et les surfaces artificielles contribuent, on le voit, à l’amplification des canicules en ville, en empêchant la baisse de température nocturne. À l’inverse, les quartiers pavillonnaires ou peu denses des banlieues, avec un ratio de moins de 50 % de bâti, permettent de limiter l’élévation de température, et la présence de végétation rafraîchit globalement ces quartiers, par ombrage et évaporation.”

source : The Conversation , Canicule et urbanisme : arrêtons de densifier nos villes !

D’ailleurs, en matière d’aménagement du territoire et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la quatrième ministre de la Transition écologique du quinquennat, espérait un « basculement dans l’histoire urbaine du pays » , un ralentissement du rythme de bétonisation, la réduction du gaspillage énergétique de certains bâtiments et la fin de pratiques qualifiées d’aberration écologique.

Construire mieux est tout l’enjeu d’un bon PLU : le dessein d’une ville agréable commence par sa planification et le règlement qui le régit, le rôle de l’urbaniste étant moins celui d’un juriste que celui de créateur d’un cadre de vie habitable. Le propos du juriste est l’intérêt du particulier, celui de l’urbaniste est l’intérêt général.

Les outils d’un urbanisme intelligent

Après la tendance de l’étalement, qui a conduit inévitablement à une pénurie du foncier disponible dans notre commune d’à peine 9 km2, est ensuite venu le temps de la densification dans une escalade de hauteurs autorisées qui supprime peu à peu les “vues sur mer” [un comble pour une ville qui se prévaut d’une forte attractivité résidentielle ! (4)]. Mais désormais la fréquence des canicules augmentées de l’albedo urbain font naitre l’exigence de nouveaux concepts urbains.

Augmentation de la fréquence des canicules observée par Météo-France

• Les critères Energie-Climat du Grenelle

Ainsi, le volet « Bâtiments et urbanisme » du Grenelle de l’environnement de 2010 (2) s’applique à réduire l’impact négatif de l’urbanisation, et dont les critères « Energie-Climat » peuvent être articulés dans le PLU selon les 3 grandes thématiques :
1 – Gestion de l’espace
2 – Performance énergétique du bâti
3 – Organisation du stationnement
Au niveau local, la promotion des énergies renouvelables et la réduction de la consommation énergétique (chauffage, climatisation…) et des gaz à effet de serre sont des objectifs obligatoirement visés par les documents d’urbanisme.

• Cartographie micro-climatique

Autre exemple d’outil : la métropole du Toulouse, en partenariat avec Météo France, s’est doté tout récemment d’un Atlas climatique sur son périmètre et insiste dans son préambule sur l’urgence : “Le changement climatique est une réalité qui ne fait plus débat. La mise en œuvre de politiques publiques adaptées et généralisées devient urgente. Si la question est planétaire et relève d’une prise en charge internationale et nationale, les réponses sont pour beaucoup de l’ordre de l’action locale.”

La lutte contre les îlots de chaleur urbains, pour une ville résiliente
“Reconsidérer la conception de la ville pour la rafraîchir et réduire l’apparition des îlots de chaleur urbains constitue désormais un enjeu essentiel de sa résilience face au changement climatique.”

Source : https://www.aua-toulouse.org/wp-content/uploads/2020/06/AtlasClimatique-v2light.pdf

Si ce type de mise de diagnostic est particulièrement pertinent à une large échelle de territoire (métropole), il est aussi parfaitement applicable à une échelle communale pour maitriser l’augmentation des températures d’une ville dépendante de sa qualité d’accueil touristique. (exemple ci-dessous de la cartographie pour Bandol mettant en parallèle le type de construction avec les îlots de chaleurs urbain)

“L’intégration de cartes climatiques comme celles proposées par le programme MApUCE [modélisation appliquée Urbanisme Climat Energie] constitue un outil d’identification des espaces potentiellement touchés par les îlots de chaleur urbaine et permet d’analyser les principaux facteurs de formation de ces îlots. Une fois ces éléments identifiés, les pistes d’action peuvent être explicitées afin de justifier les mesures contenues dans le reste des documents dont les effets sont plus prescriptifs (DOO du SCoT, règlement du PLU(i).” (4)

Non solum sed etiam

Pour chaque problématique identifiée (chaleur, inondation, pollution), les recettes d’urbanisme pour mieux faire sont connues. Encore faut-il savoir choisir ses priorités à l’échelle locale… Entre bien-être des habitants, résilience des structures, économie résidentielle et simple sécurisation juridique, la modification simplifiée n°1 du PLU de Bandol se positionne surtout sur les deux dernières options. Ainsi, non seulement la seule urgence de notre PLU a été de faciliter la constructibilité, mais cela au détriment de zones naturelles (EBC, N2c, AU1s, N) utiles pour la régularisation des températures.

Bien que notre commune littorale bénéficie de la proximité immédiate de la mer qui tempère les pics de canicules, ses qualités d’accueil restent très dépendantes de sa capacité à maîtriser les désagréments d’une chaleur trop cuisante que connaissent bien les provençaux. Pourtant la course à l’urbanisation ne prend plus le soin d’intégrer des précautions de bon sens telles que la simple conservation des grands arbres d’ombrage. Les phénomènes de chaleur urbaine s’accroissent donc en proportion de l’augmentation des surfaces artificialisées, tout comme les risques de ruissellement d’une ville à fort dévers.

Une nouvelle révision, plus conséquente, maintes fois annoncée depuis 2016, serait déjà programmée, un appel d’offre pour le prestataire de l’étude ayant même été conclu pendant la période de confinement. Aussi peut-on espérer que cette fois, le Plan local d’urbanisme de Bandol pourra combler ses insuffisances en se dotant des outils règlementaires pour un développement urbain prévoyant d’améliorer le bien-être de ses habitants, et de protéger son littoral.

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(1) Le dossier consultable de la Modification simplifiée N°1 du PLU de BANDOL votée le 7 août 2020.
Lire aussi http://bandol-littoral.org/modification-simplifiee-du-plu/

(2) Correspond, dans les DISPOSITIONS GENERALES du PLU de Bandol, à l’Article 1 – Champ d’application territoriale, alinéa 14 sur la LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement.

(3) A Bandol, “les acheteurs souhaitent, en priorité, bénéficier d’une jolie vue sur la mer sans trop s’éloigner du centre. La topographie de la ville, très vallonnée et orientée au sud, offre à un grand nombre de biens une perspective ensoleillée sur la Méditerranée” affichant “des prix supérieurs à 10 000 €/m²”.
Source l’article de SeLoger.com : Bandol : « L’immobilier est dominé par les résidences secondaires »

(4) Le Guide méthodologique du projet MApUCE


Le monde du silence sur écoute

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Le printemps 2020 a offert des conditions exceptionnelles en lien avec la pandémie du coronavirus (covid-19) et au confinement de la population. Les activités touristiques et sportives ayant été interdites, et l’activité de pêche, notamment artisanale, fortement réduite, la fréquentation humaine du littoral était à un niveau minimum.

Un regard inédit sur la faune marine grâce à la pandémie

Cette situation sans précédent a permis d’établir les références d’indicateurs sur les sites anthropisés (ports et points forts identifiés dans le réseau IMPACT), les Aires Marines Protégées (AMPs) et la zone mésophotique (50-100 m).

Depuis avril 2020, l’équipe d’Andromède Océanologie a débuté une nouvelle mission scientifique en Méditerranée. Ce projet, sur deux ans, permettra de référencer et d’étudier, grâce à des prélèvements d’ADN environnemental et à des mesures bioacoustiques, l’état de référence de la biodiversité dans les eaux côtières de la Méditerranée française.

Les valeurs de ces indicateurs seront comparées à celles des années précédentes sur différentes profondeurs, et permettront ainsi le recensement de la biodiversité marine qui pourraient se rapprocher du littoral et remonter des profondeurs dans ce contexte exceptionnel de pressions (pêche, nuisances sonores, etc..) très faibles.

La dégradation des zones côtières est l’un des plus graves problèmes de biodiversité auxquels nous sommes confrontés. La plupart des sociétés humaines sont installées à proximité du littoral, et encore aujourd’hui 44 % de la population mondiale se concentre à moins de 150 km de la côte (Atlas des Océans des Nations Unies). La destruction des habitats, la surpêche, le changement climatique et l’introduction d’espèces exotiques sont autant de menaces pour les écosystèmes marins côtiers.

Source / ÉTUDE DE LA BIODIVERSITÉ MARINE DU LITTORAL MÉDITERRANÉEN SUITE À L’ARRÊT DES ACTIVITÉS HUMAINES
Extrait du cahier de surveillance medtrix 09 juin-juillet-aout 2020
Lire en intégral >
https://medtrix.fr/wp-content/uploads/2020/07/cahier9-medtrix_juillet_2020.pdf

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Medtrix est une plateforme en ligne sur la surveillance des eaux côtières et des écosystèmes de méditerranée. www.medtrix.fr


Voir aussi
SAUVONS l’EAU, le magazine de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse – juillet 2020 : https://www.sauvonsleau.fr/jcms/e_23454/lancement-d-une-etude-sur-la-biodiversite-marine-du-littoral-mediterraneen-suite-a-l-arret-des-activites-humaines#.Xz_y9h3grfA

Crédit photos © Laurent Ballesta


Modification du sentier littoral à Saint-Cyr

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Le sentier littoral, qui relie Bandol juqu’à la Madrague à Saint-Cyr, avait été partiellement fermé en 2017, sur un tronçon ( après Port d’Alon ) de la pointe Fauconnière à la pointe Grenier à cause d’un important risque d’effondrement.

Ce tronçon ne sera pas ré-ouvert et pour permettre le passage le long du littoral un nouveau tracé a été étudié, moins en surplomb des falaises, et proposé en consultation publique. Plus à l’intérieur des terres donc, ce nouveau cheminement détourné permet de la sécurisation d’une portion de la frange littorale fortement soumise à l’érosion naturelle devenue désormais trop dangereuse pour une fréquentation intense.

Extrait : “Le sentier dans la falaise constitue un espace et un moment à part pour le promeneur, car celui-ci traverse un lieu où tous les éléments se rencontrent pour finalement façonner un espace presque sauvage… Le côté panoramique et magique l’emporte sur la notion de sécurité et d’appréhension des forces naturelles présentes… Derrière les coulisses de ces panoramas spectaculaires, des dynamiques naturelles sont fortement en cours et le danger est sous-jacent au niveau des blocs qui sont en train de se décrocher, des ruissellements qui entament des bouts de terrain, des pins penchés qui peuvent se coucher ou se déraciner sous les effets du vent… Enfin, le pied de la falaise est de plus en plus fragilisé, car l’érosion marine sape les fondations de la falaise. c’est un lieu qui est devenu malheureusement dangereux, car criblé d’aléas qui peuvent avoir des conséquences lourdes sur les promeneurs qui sous estiment ou ont du mal à appréhender les phénomènes en cours. D’un point de vue de la géologie, cette falaise est fortement impactée par les éléments naturels et sa sécurisation nécessiterait des moyens très importants qui iraient à l’encontre des qualités paysagères et naturelles du site. “

Atelier Locus-Sites Paysages/ Yves Valette d’Osia/ERG/Ecosphère DOSSIER DÉFINITIF JUIN 2019

De manière similaire à nos recommandations de recul du sentier au Capelan (mars 2017), le document préconise ici notamment une communication sur site pour informer les usagers tout au long du sentier, sur la notion de risques : “Le site aujourd’hui, présente un certain nombres d’aléas connus et identifiés. Il serait donc judicieux d’informer et d’expliquer aux usagers les dangers et les conséquences auxquels ils s’exposent en fonction de leur comportement. Les supports d’informations doivent aussi «interpeler» pour les sensibiliser de manière objective.”

Initialement prévu du 9 mars au 10 avril 2020 (en plein confinement), le dossier complet est consultable jusqu’au 24 juillet pour l’enquête publique concernant le déplacement du tracé du sentier littoral sur la commune de Saint-Cyr-sur-mer : http://www.saintcyrsurmer.fr/informations-transversales/actualites-1100/avis-d-enquete-publique-sentier-du-littoral-3856.html?cHash=acd3861c20e06902abdeeb32c7126167


#littoral & élections municipales

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Dimanche prochain au terme des élections municipales, Bandol -et son littoral- entrera dans un nouveau cycle de 6 ans de gouvernance «politique».

Notre association n’affiche aucune orientation politique, au sens d’étiquette. Pour autant la période des promesses électorales est l’opportunité de voir enfin abordés les thèmes du littoral, de sa préservation et sa mise en valeur. Bandol Littoral est une association regroupant des habitants de BANDOL, libres d’opinion, surtout soucieux de leur littoral. Avec ce parti-pris, notre propos, factuel et fonctionnel, traite le plus souvent de l’actualité et la prise en compte du littoral dans la gestion de la commune.

Aussi nous vous proposons une lecture strictement “littoraliste” des 2 programmes proposés par les candidats en lice pour ce 2eme tour : Jean-Paul JOSEPH (maire sortant) et Marc BAYLE.

Duel sous le soleil… en littoral

Jean-Paul Joseph revendique une « certaine expérience » dans la presse récente du fait de son bilan ; Marc Bayle prétend quant à lui à une expérience certaine du fait d’une carrière dans la fonction publique préfectorale, notamment en territoire littoraux.

Dans le programme de Jean-Paul Joseph

Pas de rubrique spécialement dédiée au littoral dans le sommaire, mais en cherchant bien, des items de réaménagement du front de mer urbain  :

>[page 10] Projet de « transformation du parking du stade Deferrari en un parc paysager », prolongé jusqu’à la grande digue par une « promenade végétalisée ». Les stationnements du terre-plein gratuit actuel et du tour de corniche seraient ainsi supprimés (soit 287 places).

>[page 10 et 11] Projet de « création d’une piste cyclable tout le long du littoral » : « matérialisé en bitume coloré » l’itinéraire, de 2,5km dans sa première version du 1er tour, a été rallongé post confinement et suivrait finalement la route de la plage du Grand Vallat jusqu’au parc du Capelan en passant par la corniche du château (pour faire ensuite une boucle dans la ville).

>Création d’un nouveau parking de 400 places à la place du stade actuel, lequel serait ainsi maintenu et surélevé de 3m. A cette construction seraient adjoints locaux associatifs, bars et avant-boite.

>[page 11] Changement de couleur pour le “quai rose” qui serait bétonné en clair comme du côté magasins.

>[page 12] Un Pôle Mer : avec la construction d’un bâtiment sur 2 niveaux de commerces dédiés au nautisme, et maintien du parking.

>Projet de réfection des allées Vivien sur le modèle du nouveau quai De Gaulle, en plus du gros chantier de destruction/reconstruction du quai et de la panne amodiée inévitable à long terme.

NOTRE AVIS :
Des projets lourds et impactants de réaménagement et de constructions du littoral urbain dans la zone portuaire [zone UF du PLU très contraignante en terme de règlementations, locale et risques côtiers].
Une gestion du littoral naturel des calanques inexistante, aussi bien en texte qu’en image.

Dans le programme de Marc Bayle

Une rubrique « littoral » présentée dans le sommaire et une orientation maritime au fil des pages.

>[page 5] 9 points sont abordés pour “protéger l’équilibre de notre littoral” considéré autant comme un “impératif écologique” qu’une “nécessité touristique”. Sont évoquées les notions de restauration du caractère naturel, de limitation de la constructibilité ou encore celle la visibilité du paysage sur le sentier littoral. On trouve aussi des nouvelles instances structurelles telles que des “commissions consultatives”, un “service Mer&Littoral” ou encore un contrat de Baie.

>Projet de réhabilitation et de plantation du parking gratuit du stade (terre-plein du château).

>[page12] Pour la réduction des déchets en mer, engagement pour l’adhésion à la charte nationale “Zero déchets plastiques”.

>[page13] Un Pôle Mer : pleine page sur une thématique maritime recentrée sur des locaux à réhabiliter (plage centrale) ou à créer (parking du casino) avec le développement d’outils pédagogiques, un regroupement du monde professionnel et associatif de la mer, et une co-visibilité scientifique (par un observatoire et une promotion) des connaissances marines.

La proposition de pistes cyclables, présentes également dans ce programme, ont plus une vocation d’alternative à la circulation automobile urbaine (éco-mobilité) que de seule promenade limitée au littoral.

NOTRE AVIS :
Une approche globale et plutôt complète des enjeux littoraux, plus stratégique que spectaculaire.
Des projets apriori pondérés et intégrés aux contraintes locales, en termes de temps de réalisation et de règlementation.

Les communs

Sur les incontournables, les 2 candidats s’engagent chacun sur :

>un Schéma directeur d’assainissement du pluvial

> le dragage du port

> la certification “Port Propre

> les 9 ouvrages d’interfaces terre-mer à réaliser conformément aux préconisations de l’étude hydraulique incluse dans le projet de réhabilitation du quai De Gaulle. Plus qu’une promesse, ces réalisations obligatoires étaient la condition pour l’aval des services de l’Etat à la dérogation d’une étude d’impact environnementale. Elles ont pour objectif de neutraliser les pollutions du ruissellement urbain et de contribuer à la qualité des eaux du port.

>un accès PMR (pour les personnes à mobilité réduite) à la plage centrale

La valorisation et le verdissement du terre-plein du château en espace de promenade est aussi un aspect commun des 2 programmes, bien que les aménagements prévus diffèrent (maintien de la capacité de parking pour Marc Bayle ; aire de jeux pour Jean-Paul Joseph).

Notre conclusion

Nous observons 2 approches du littoral très opposées dans ce duel des prétendants à la mandature 2020-2026.

Celle de Jean-Paul Joseph est une continuité de ce qui se pratique depuis plus d’un demi-siècle : une surenchère de gros chantiers, sans remettre en cause ou compenser le dogme du “tout béton” dans des zones littorales plus que jamais fragiles ou à risques. Celle de Marc Bayle, probablement habitué à l’exercice de conciliation des différents enjeux publics, a su intégrer les besoins contemporains d’une commune littorale dans son programme.

S’agissant d’intentions électoralistes, sans être dupes nous considérons seulement ici la compréhension des enjeux littoraux en cohérence avec des impératifs d’avenir qui se posent déjà : les excès climatiques, la maitrise de la surfréquentation côtière, la viabilité de notre habitat à long terme dans un contexte nécessaire d’économie de moyens. Ignorer ces postulats n’est pas envisageable aujourd’hui, dans le contexte de crises que nous connaissons.

En tant que représentants associatifs, nous avons été entendus par les 2 têtes de liste : respectivement tout au long des 6 ans du mandat pour Jean-Paul Joseph, et lors de prises de contact pendant la campagne électorale pour Marc Bayle. La prise en compte du littoral dans les programmes témoignent déjà de la qualité d’écoute et la considération de nos propos, très décevante pour le premier, et encourageante pour le second.

Le Bureau


Bandol Littoral sort de sa réserve naturelle

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Si l’écologie se retrouve à l’honneur pendant les campagnes électorales, c’est aussi l’occasion de prendre des coups pour les associations témoins d’un bilan peu reluisant.

Une campagne qui se met au vert

Les périodes de campagnes électorales ont l’avantage de mettre à l’affiche pendant un temps certaines notions ignorées pendant les mandatures, comme l’environnement ou le développement durable.

Thématiques relayées du fait des conséquences visibles de la crise climatique planétaire, elles sont désormais incontournables des programmes électoraux parce que très attendues par la population : 83% des Français sont inquiets de l’avenir de la planète, et 70% considèrent que les questions d’environnement constituent un enjeu important de leur vote aux prochaines municipales (d’après une étude réalisée par l’institut Montaigne, fev. 2020).

A Bandol, les 5 candidats ont chacun décliné des propositions sur le sujet, avec des objectifs plus ou moins définis et traduits en actions concrètes. Quelques soient la sincérité des convictions de départ et le niveau d’engagement, au moins peut-on se réjouir que cette campagne ait donné à chaque liste l’occasion de cet exercice inaccoutumé.

Bandol Littoral dans le viseur

Les compétences environnementales sont, dans ce contexte, très recherchées par tous les candidats. Bandol Littoral en est un vivier. C’est donc tout naturellement que plusieurs membres de l’association ont été approchés lors des constitutions des listes électorales. 

Libre à chacun, à titre personnel, d’accepter ou non les challenges proposés ; l’association Bandol Littoral est une association apolitique défendant une cause, celle de notre littoral. Nous demandons à nos adhérents de partager cette seule conviction : faire respecter l’intégrité du littoral physique et fonctionnel mais aussi l’intégrité du paysage visible, culturel et appartenant à notre mémoire collective. 

Que des membres de Bandol Littoral se retrouvent dans différentes listes électorales représente autant de chances que l’environnement soit considéré et mieux traité… 

Mais comme de bien entendu, aujourd’hui, notre association est attaquée par le maire sortant et son équipe dans des pamphlets inquisitoires, nous accusant d’être pêle-mêle des “militants“, des « opposants politiques » ou une « entreprise politique d’opposition ».

La manipulation rhétorique est un peu facile et c’est bien dommage !

Alors oui, c’est vrai, nous assumons le “jusqu’au-boutisme » « militant ». Nous nous voulons protecteurs et gardiens de notre cadre de vie déjà bien abîmé. Nous assumons notre propos très orienté (bien que modéré) et parfaitement partisan, défini dans nos statuts. Notre objectif est de donner matière à réfléchir sur les enjeux côtiers mais sans toutefois chercher à imposer une opinion. De fait, par son bilan littoraliste, le maire actuel se positionne en opposition avec nos principes de respect et de préservation des espaces littoraux.

Bandol Littoral existe depuis 2012. Nos objectifs de préservation et de protection sont toujours les mêmes, et nous avons œuvré sans relâche pour alerter et protéger notre littoral mis à mal de bien des manières (dégradation du Capelan, sentier du littoral négligé, gestion brutale du bord de mer, non respect des espaces verts, etc.).

Lire aussi notre article Faut-il renoncer aux espaces naturels à Bandol ?

Depuis deux ans, plus aucune volonté de dialogue constructif de la Mairie, mais des coups bas inadmissibles portés sur les membres de Bandol Littoral (mises en cause personnelles ou politique de dénigrement) nous transformant, en dernière ligne droite de cette campagne électorale, en force d’opposition politique comme seul argument pour masquer la médiocrité du bilan en matière d’environnement et de gestion du littoral de l’équipe sortante.

“La calomnie est, en politique, moins gênante
que la manifestation de la vérité”

Pensées : V,11, 1 mars 1904 – Charles Péguy

Diffamer, dénigrer, calomnier et autres gesticulations verbales font partie de vieilles stratégies de communication politique… Fort heureusement aujourd’hui de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui savent décoder et sortir de la marelle de cour de récréation. Quelques soient les résultats du scrutin des municipales, Bandol Littoral sera là, toujours présente, avec ses objectifs et ses énergies pour protéger et préserver le littoral de Bandol.

Le bureau
Association Bandol Littoral


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Travaux annoncés sur le sentier littoral

Pour situer : au Capelan, Janvier 2014, l’avenue Georges V s’effondre en partie littorale sous le passage d’un camion-toupie en livraison de béton pour l’important chantier du domaine de l’Olivaie, situé quelques mètres en amont. Les pluies torrentielles de la fin d’année 2013 ont fragilisé le sol lessivé qui s’affaisse.

3 ans après, les travaux de consolidation vont enfin avoir lieu pour sécuriser cette portion fréquentée du sentier littoral ! 3 ans de discussions, de recours, de procédures croisées où chacun se renvoie la balle.

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L’écologie entre sciences et politique

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Le progrès, la science, l’environnement, l’écologie…

La courte conférence présentée sur IMBE TV (1) est la première partie d’un échange entre un écologiste-évolutionniste (Pierre-Henri Gouyon) et un historien des sciences (Christophe Bonneuil) autour des grandes avancées de l’écologie scientifique au cours des dernières décennies. Vaste programme, …

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