2e Forum TERRE MER

2e Forum TERRE MER

Retour sur le 2e Forum Terre-Mer qui a eu lieu les Mardi 15 et Mercredi 16 Novembre à St Raphaël.

Pour vous situer un peu : le 1er Forum avait eu lieu en Mars dernier à Grimaud comme une rencontre des acteurs du littoral. Ce forum est une émanation de la mise en application des programmes de la gestion côtière au niveau européen dans sa dimension de concertation. Le Var en effet bénéficie, en tant que département pilote, d’un plan d’aménagement côtier (PACVar) qui vise à établir sur 3 ans un diagnostic de notre littoral, pour aboutir à un plan d’actions au terme d’échanges en ateliers de réflexions, rencontres, forums… Le projet se veut dynamique et constructif pour une vraie efficacité de gestion sur le terrain. Les enjeux sont énormes, environnementaux, socio-culturels et économiques. L’idée est d’identifier les problèmes et d’ébaucher des solutions ensemble.

programme-pac-var-forum-novembre-2016_5_page_1Donc pour cette seconde édition, on y retrouve des têtes connues et la constitution d’une “communauté de destin” s’ébauche. Les contacts se font, les gens se reconnaissent, même si il faut bien l’avouer le grand public est absent et quasiment pas d’élus non plus ! C’est bien dommage car l’un des 2 thèmes de réflexion proposés est la Gouvernance littorale.

On y retrouve pêle-mêle le Conservatoire du littoral, le Parc national de Port-Cros, la DDTM, la CCI du Var, l’Observatoire Marin du golfe de Saint Tropez,… ainsi que des représentants d’associations civiles (FNE, LPO, Surfrider, UNAN, MerTerre, … et Bandol Littoral).

Il a été beaucoup question du changement climatique, des ports et de la plaisance. On affiche des chiffres, des statistiques, des études ; on échange des initiatives vertueuses, des projets innovants, des nouvelles tendances…

D’entrée, les enjeux sont posés : 1% du littoral va disparaitre à cause de l’érosion ; 20% du littoral sera soumis régulièrement à des submersions marines ! L’écologie n’est plus une niche. La nature sera un outil incontournable (infra-structures vertes) pour atténuer ces changements.

Au cours de ces 2 journées 2 thèmes principaux sont abordés.

La Gouvernance du littoral

Invités pour cette table ronde, 3 représentants de structures diverses ont présenté chacun un exemple de gouvernance : Mme Raphaëlle Leguen présidente de la commission permanente du Conseil Maritime de Façade, M Jacques Bompas secrétaire de l’Association des Acteurs et des Élus de la Façade Méditerranéenne (AEFM) et Christian Decugis président de l’APAM (Association pour une Pêche et des Activités Maritimes durables).

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Au cours des discussions a surgi la mise en opposition habituelle de l’économie avec la préservation, des partisans du développement économique “coûte que coûte” contre ceux de la préservation “envers et contre tous”, quand bien même les deux camps ont les mêmes mots pour “un territoire d’une richesse exceptionnelle à préserver”. Un antagonisme rituel qui a la vie dure, preuve que le principe du développement durable peine a être assimilé dans ses principes… Mais bon, finalement on est là pour ça : mettre en présence tous les intéressés, fussent-ils d’avis divergents, et trouver des compromis qui satisfassent le plus grand nombre, en préservant cet essentiel “exceptionnel” dont nous profitons tous, notre littoral. Et pour ça tout le monde semble d’accord, fort heureusement.

Les intervenants de cette première table ronde représentaient, chacun à des niveaux divers, les enjeux économiques du littoral. L’AEFM notamment : étonnante alliance d’acteurs socio-économiques avec des élus du peuple œuvrant de concert pour peser à la création de lois et décrets qui “régissent les activités littorales”(1). Alors évidemment on pense au Décret Plage dont certains pensent qu’il nuit aux activités de plage, et qu’il serait bon de s’en débarrasser, quand bien même il n’y aurait plus de plage ! Penser que des élus s’associent officiellement pour faire du lobbying pour favoriser les intérêts d’acteurs économiques et faire sauter la loi Littoral pourtant plébiscitée par les français, fut pour moi une certaine désillusion. Je m’en remettrai.

Au-delà des bonnes intentions, sont également ressorti de ces présentations, la pluralité et la complexité des formes de gouvernance qui “s’occupent” du littoral, à l’image des enjeux existants. Au final, les acronymes et les millefeuilles administratifs semblent un dédale conçu pour repousser toute velléité d’actions. Comment faire pour simplifier tout ça : en rajouter une couche ? Créer des passerelles ? Tant de motivations et de gens passionnés, de belles intentions qui risquent de rester inaudibles à cause de systèmes hermétiques. En attendant, la seule solution semble être de se familiariser avec les arcanes de ces gouvernances qui ne semblent pas près de se simplifier, et surtout de continuer à communiquer et faire passer les informations !

Les ports et bassins de navigation

Le thème de la 2e journée d’échange est “La plaisance du future : repensons nos usages”. Car il faut le savoir la plaisance est en mutation ! Le sachant, il s’agit (c’est difficile à dire hein !) de s’y adapter au mieux, et d’en anticiper les effets négatifs.

Ports à sec, location en plein essor, plaisance collaborative et «ubérisation» du nautisme sont les nouvelles tendances. 70% des propriétaires actuels de bateaux ont plus de 50 ans, et 30% ont plus de 70 ans (2). Les marins-plaisanciers sont peu à peu remplacés par des consommateurs  plus ponctuels, et sans connaissance du milieu. Quand les consommateurs préfèrent l’usage à la propriété, les entreprises se sentent obligées d’innover pour ne pas perdre le marché. Les pratiques et le modèle économique prennent le tournant du numérique. Mais dans le monde physique, les conséquences sont réelles : l’environnement n’est pas un produit. Quand les usages évoluent, la loi doit réagir «vite» pour ne pas laisser de vide à l’encadrement juridique. Et les plaisanciers acceptent peu les lois et interdictions qui viennent entraver toujours un peu plus leur liberté si chèrement payée.

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Des thèmes qui vont rester d’actualité et continuer de faire réfléchir. Beaucoup de projets et d’initiatives ont été présentés comme le recyclage des filets de pêche, le tri des déchets ou le label “Bateau Bleu” et la certification AFNOR “Ports Propres”. Vous pourrez trouver toutes ces présentations ICI

Des journées de rencontres et de discussions très intéressantes, sous la houlette du Conservatoire du littoral. Les concrétisations à venir pour une bonne gestion du littoral ne sont pas encore nettement définies, mais le cheminement en commun de ce projet est déjà une belle réussite. Prochain forum en 2017.

(1) Les objectifs de l’AEFM sont de :
• Pallier l’insuffisance de la représentativité des Collectivités Territoriales de Méditerranée au sein des instances décisionnaires,
• S’assurer de la prise en compte impérative des spécificités de la façade méditerranéenne dans les lois et les décrets qui régissent de façon universelle toutes les activités des littoraux nationaux,
• Représenter, aux côtés des acteurs socio-économiques et des élus de l’arc méditerranéen une force de proposition influente, forte, vigilante, active et apolitique.

(2) Quelques statistiques sur la plaisance en France :
• 4 millions de plaisanciers.
• 470 ports de plaisance.
• 75,2 % % sont des navires d’une taille inférieure à 6 mètres.
• Pour 2014, 11 750 bateaux neufs vendus contre 63 500 bateaux d’occasion. http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/statistiques_2016.pdf

http://www.adt-herault.fr/docs/578-1-atout-france-le-marche-de-la-plaisance-en-france-pdf.pdf

http://www.voiles-aventures.com/news/2015/01/le-plaisancier-qu-en-disent-les-etudes-scientifiques

 


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