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S’adapter n’est pas un choix

Adapter nos plages au changement climatique, alléger la pression sur les littoraux, protéger les écosystèmes autant -sinon plus- que le développement économique… je rêve, me direz-vous ! Et bien pas tant que ça… Amoindrir les inondations systématiques, trouver des solutions aux submersions à répétitions, et s’adapter aux risques devient une nécessité rappelée à chaque épisode climatique extrême.

Le changement climatique, un facteur accélérant à prendre en compte

Tous les voyants sont au rouge. Les activités humaines ont enclenché une modification du climat à l’échelle planétaire, perceptible au niveau local. De nombreux rapports et avis d’experts scientifiques se succèdent pour alerter l’opinion publique et les décideurs sur l’état de la planète.

Le temps des prévisions est dépassé, et les effets “boomerang” du changement climatique s’observent maintenant en temps réel grâce à la magie d’internet : les glaciers disparaissent, les forêts brûlent, la biodiversité s’effondre, le thermomètre s’affole et nos villes se révèlent inconfortables : canicules, pollution, inondations et en littoral les submersions deviennent régulières. L’Homo sapiens mordicus persiste à croire que la sphère économico-financière et ses territoires gris vont survivre hors-sol, sans se soucier de la mer qui monte et dessine un autre trait de côte. Dans le même élan, de nombreuses communes balnéaires, comme Bandol, exploitent une image idéalisée de leur territoire [quand bien même révolue]*, et continuent globalement de promouvoir une attractivité et un développement urbain fantasmés.

* Cynisme ; en couverture d’une brochure de promotion immobilière distribuée actuellement,
ce paysage luxuriant et vendeur n’existe pourtant plus depuis que
les jardins de gauche en arrière-plage ont été rasés… pour la construction d’un projet immobilier !

Après moi le déluge…

Certains même semblent penser que le salut est dans l’accélération, histoire de prendre de vitesse cet effondrement qui n’en finit pas de s’effondrer ! Construire plus, rechercher la croissance au mépris de la prudence, engranger des profits à court terme tant qu’on peut.

Le cas des communes touristiques littorales est en cela significatif. L’“attractivité” est souvent avancée comme l’objectif prioritaire, alors même que sa principale ressource qu’est l’environnement naturel est également la première victime d’activités promues jusqu’à l’excès (surfréquentation, tension immobilière et sociale, surconsommation des ressources, surproduction de déchets, pollution…). Le déséquilibre vient en réalité plus d’une mauvaise estime de la capacité d’accueil globalisée (population permanente augmentée de la population touristique) que d’une réelle incapacité d’anticipation. Les facteurs de nuisance sont connus ; les solutions pour les pallier tout autant. Le “manque de volonté” à mettre en œuvre ces solutions, invoqué jusque là par les experts pour justifier l’inaction, est aujourd’hui qualifié de “forte résistance”, arc-boutée sur des intérêts court-termistes.

L’emballement climatique et ses effets économiques pourrait bien changer la donne. La canicule de cette année a fortement impacté la fréquentation estivale. La conjugaison croisée de l’attractivité des territoires littoraux avec le changement climatique montre des limites.

Article de Var Matin

Un rapport parmi d’autres

Issues de nombreux diagnostics, concertations, et autres expertises, des solutions sont à l’étude et des alternatives se dessinent dans des rapports officiels. Mais au-delà de leur réalisation technique, le vrai défi est leur acceptabilité… et parfois des rapports restent oubliés dans les tiroirs si leurs conclusions ne se révèlent pas sociologiquement “réalistes”.

Il a fallu des décennies au fameux Rapport Meadows [publié en 1972] pour être (re-)connu du grand public ; depuis, la conscience environnementale s’est plus largement répandue et les rapports du Giec font la une des médias sitôt leur parution.

Pourtant cela n’a pas été le cas d’un rapport récent, commandé par le ministère de la transition écologique fin 2018 et publié en Mars 2019, et qui devrait connaitre certaines résistances” [alors on vous en parle quand même…] : le Rapport de recomposition spatiale des territoires pose la problématique de l’adaptation des territoires littoraux face à l’érosion et au changement climatique.

Le constat : “La hausse du niveau des océans est l’un des enjeux majeurs du changement climatique. Elle impacte les littoraux, où la croissance démographique et économique continue d’être importante, en accélérant la mobilité du trait de côte : environ un quart du littoral en France est concerné par l’effet de l’érosion. La nature des réponses à apporter au recul du trait de côte pour ces territoires se pose donc avec acuité…”

Extrait de la lettre de mission du rapport co-signée par les ministères de l’intérieur, des finances et de la transition écologique du 1er octobre 2018.

Une dynamique de réflexion est officiellement lancée par le gouvernement. Et pas des moindres ! Ce rapport propose “des pistes de financement qui inciteraient à anticiper les conséquences du recul du trait de côte et à mettre en œuvre dès à présent des projets de recomposition des territoires littoraux.

Ce rapport préfigure des moyens règlementaires de réaménagement des territoires littoraux menacés par l’érosion côtière, c’est-à-dire en clair le recul de l’urbanisation, dans la lignée de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC), qui vise à :
“- la réduction de la vulnérabilité des populations et des biens vis-à-vis de la submersion marine et de l’érosion côtière ;
– l’atténuation de ces phénomènes par la restauration des écosystèmes naturels protecteurs ;
– et une renaturation du littoral ainsi qu’une nouvelle façon de penser l’aménagement à l’échelle de l’intercommunalité pour en garantir durablement la richesse environnementale. “

Or, il n’est pas communément admis que l’urbanisation des littoraux puisse aller autrement que croissante… Ce rapport augure donc un changement de paradigme et se heurte à des principes tenus pour acquis.

La croissance urbaine va-elle encore de soi dans des zones à risques, alors que certaines villes, voire grandes métropoles, sont elles-même déjà en décroissance (voir numéro de juillet 2019 de la revue Diagonal, n°206) ? Quelle est l’espérance de vie d’une construction les pieds dans l’eau aujourd’hui ? Avec les estimations des impacts du changement climatique sans cesse revues à la hausse, et la récurrence des tempêtes, quelle valeur a aujourd’hui un investissement sur le Domaine Public Maritime, une zone inondable ou une zone submersible ? La politique du tout béton a-t-elle encore du sens quand l’imperméabilisation est pointée du doigt ?

Autant de questions que l’on peut -et que l’on va devoir- se poser… illustrées à Bandol par des constructions récentes telles que les résidences O fil de l’eau et Les perles Marines, le Méditerranée, ou plus anciennes comme la résidence Athéna Port récemment classée au patrimoine architectural communal.

Anticiper pour s’adapter

Depuis plus de 30 ans, la loi Littoral tente de freiner l’urbanisation des côtes dans un esprit de préservation, de mesure et de prévention. Aujourd’hui le frein ne suffit plus et une marche arrière s’impose par endroit, avec éventuellement, si la possibilité existe, un allègement du foncier bâti dans les zones littorales dangereuses ! Mais comment faire accepter ce repli ? Après avoir avancer sur la mer, saura-t-on passer de l’arrogance à l’humilité face aux éléments ? Ce rapport offre peut-être une opportunité de mettre à jour des outils pragmatiques sur le long terme, adaptés aux projections.

Une nouvelle manière d’envisager l’aménagement des littoraux est en train d’émerger, alors même que ne pas “développer et valoriser” le foncier côtier s’apparente encore pour l’instant à une hérésie. La façon de penser notre implantation en bord de mer est déjà en train d’évoluer en coulisse. Cela ne se fera pas du jour au lendemain mais, pour de nombreux spécialistes du territoire, l’adaptation pour la préservation des plages face aux risques liés au changement climatique ne sont déjà une option mais une nécessité. D’une manière ou d’une autre, il faudra en accepter les implications. La question des moyens à employer reste à définir, mais avant cela, pourrait-on dès maintenant, dans le doute, s’abstenir de trop avancer pour ensuite avoir à reculer d’autant plus.

« Nul besoin de faire de la Terre un paradis : elle en est un. A nous de nous adapter pour l’habiter. » Henry Miller


Pour en savoir plus :

• Le Conservatoire du littoral : un acteur face au changement climatique : http://www.set-revue.fr/sites/default/files/articles/pdf/set-revue-changement-climat-littoral.pdf

Lambert ML – « Le recul stratégique – De l’anticipation nécessaire aux innovations juridiques », in : Droit des risques littoraux et changement climatique – connaissance, anticipation, innovation, éditions Vertigo 2015 https://journals.openedition.org/vertigo/15812)

Hélène Rey-Valette et Bénédicte Rulleau – “Gouvernance des politiques de relocalisation face au risque de montée du niveau de la mer” https://journals.openedition.org/developpementdurable/11282


Opération Capelan, au rattrapage

Avant de crier victoire, il est toujours plus prudent de vérifier que les objectifs sont bien atteints.

La sécurisation du Capelan est le projet phare de notre association. Il aura fallu des années de réflexion et de concertation avec la municipalité et 2 phases de travaux pour que l’idée devient réalité.

La réhabilitation du site naturel, un pari toujours d’actualité

Le projet CAPELAN, tel que nous l’avions préconisé et ainsi conditionné par la DDTM (1), impliquait 3 dimensions :
• un recul du sentier pour une double mise en sécurité : des promeneurs et du site sensible ;
• une végétalisation naturelle : accompagnement d’une reprise végétale spontanée) ;
• une communication pédagogique transversale tout au long des opérations pour informer et sensibiliser les habitants.

Bilan 2019

Aujourd’hui, le recul du sentier littoral est effectif et offre désormais un passage plus sécure pour les sportifs et promeneurs de tout poils. Face à une érosion menaçante, et même critique sur cette portion du littoral, ce recul était la phase la plus urgente.

Nous nous réjouissons de sa réalisation, pourtant notre constat reste très mitigé. Cette seule étape achevée est bien loin de respecter le projet qui ne vaut que dans son intégralité pour respecter ses objectifs.

> une érosion toujours en marche

La végétation, loin d’être favorisée, a été arrachée à la pelleteuse pour le dessin du nouveau chemin Ouest en début d’année. Et aucune protection (ganivelles) n’a été installée sur la partie Sud déjà reculée.
Sans couvert végétal, le processus d’érosion du sol est toujours à l’œuvre selon les mêmes mécanismes : piétinement > compactage du sol > action de l’eau et du vent > déficit sédimentaire.
Ce ne sont pas les pierres qui remontent à la surface, mais la terre qui est emportée…
L’action mécanique de l’érosion est à l’œuvre, sans cesse, et ne pourrait être ralentie que par le ré-équilibrage fonctionnel du sol. La biodiversité est là un allié précieux pour retrouver cet équilibre.

> un respect paysager insatisfaisant

La qualité esthétique du Capelan a toujours eu un énorme pouvoir magnétique sur ses habitants. De la pointe Encanet à la presqu’île, la terre de Bandol a façonné ici un concentré de paysage méditerranéen aux couleurs des pins, de roche calcaire, de sol argileux et d’eaux turquoises qui séduit immanquablement.

BANDOL – Mémoire en images, de Nicole Guillot-Soupez, page 10

Le caractère sauvage et naturel du site a été revendiqué par des générations de cartes postales qui en ont vanté la beauté, même en noir et blanc.

Le paysage présenté par le sentier côté presqu’ile est actuellement apprivoisé et contenu entre 2 linéaires de grillages. Cette présence parasite une perspective sur le rêve et la pleine conscience de nature de ce site remarquable. Le résultat n’est donc pas encore satisfaisant.

Nous continuerons donc à exiger le respect et la mise en œuvre de la réhabilitation écologique de ce site exceptionnel qui ne peut se contenter d’une intervention a minima. Le cadre naturel du Capelan mérite mieux.

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(1) L’accord de la DDTM stipule le respect du caractère naturel du site : “Dans la mesure où ce projet permet de laisser la falaise évoluer naturellement, de favoriser l’aspect naturel du site par la mise en œuvre de barrières végétales et de ganivelles pour leur protection, de sécuriser le sentier naturel en le déportant de quelques mètres en arrière de la falaise dans les terrains communaux, je vous donne mon accord sur le principe des solutions adoptées.” extrait courrier DDTM du 28 Août 2017.


Erosion des plages

L’érosion a des répercussions autres que la simple dégradation du paysage visible. Tout comme le pays et le reste du département, Bandol a une économie dépendante de l’attractivité touristique et résidentielle de son littoral. La Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte, élaborée en 2010, constitue une feuille de route qui incite les collectivités locales à prendre en compte l’érosion côtière dans les politiques publiques. Depuis, des programmes d’actions sont régulièrement mis en place pour traduire notamment l’engagement 74 du Grenelle de la mer :

74.d. « Prendre en compte systématiquement les risques naturels (tsunamis…), la hausse générale des mers et les autres effets du changement climatique dans les politiques d’aménagement du territoire et adapter les schémas de planification en conséquence, afin de réduire la vulnérabilité des populations et des territoires (…). »
74.f. « Développer une méthodologie et une stratégie nationale (collectivités et Etat) pour la gestion du trait de côte, pour le recul stratégique et la défense contre la mer. ».

Le littoral, force et faiblesse d’un territoire

Localement, la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) est responsable de l’élaboration d’une stratégie de lutte contre l’érosion des plages.

Particulièrement impacté par le phénomène, et disposant de peu de recul avec une côte de plus en plus artificialisée, le Var doit faire face au risque de réduction, ou même de disparition, d’un capital touristique majeur, ses plages. Et non sans incidence puisque le Var est la première destination touristique de France, juste derrière Paris avec plus de 8 millions de touristes par an. Or, ainsi que le pose en préambule la DDTM dans sa présentation stratégique : “De nombreuses plages sont naturellement contraintes par des affleurements rocheux en arrière-plage. Par ailleurs, pour une grande majorité des plages du département, des aménagements empêchent toute adaptation naturelle de ces systèmes littoraux à la montée du niveau de la mer et à ce phénomène d’érosion”. S’adapter au phénomène d’érosion devient une nécessité pour les communes littorales, d’autant plus que ses effets seront accrus par le changement climatique.

Bandol, et ses plages adossées à la ville

Un défi, des solutions

Des solutions existent. Elles sont multiples. Certaines sont plus opportunes que d’autres. À chaque commune de trouver sa méthode la plus pertinente : digues et confortements “en dur”, ouvrages en géo-textiles immergés, récifs artificiels, relocalisation, … la plus répandue étant le ré-ensablement systématique (1), qui n’est pourtant pas sans impact sur le milieu naturel, finissant par étouffer les herbiers de posidonies, eux-mêmes rempart naturel contre l’érosion… Quelles sont les solutions les mieux adaptées, les plus efficaces sur le long terme ? Pour répondre à cette question, une concertation des parties concernées était organisée par la DDTM vendredi dernier, 18 janvier 2019, sur la thématique des côtes sableuses dans le Var, dans l’objectif d’aider les communes et de co-définir des modes de gestions “acceptables et adaptés”.

Si les plages sont la partie la plus sensible et la plus visible, elles ne sont pas les seules concernées. « Les collines et falaises qui bordent la mer cèdent du terrain lentement mais sûrement. Pour la première fois en Paca, un taux de recul de 1 cm par an a été observé à Carry-le-Rouet, dans les Bouches-du-Rhône. Ailleurs, on évalue l’érosion à plusieurs millimètres chaque année mais de façon inexorable. Quinze mille cicatrices d’éboulements ont été enregistrées ces derniers mois sur la côte », indique un scientifique. Ces falaises, souvent en calcaire et en argile, sont devenues fragiles et ne protègent plus les maisons situées trop près de l’eau.” pouvait-on lire dans cet article du Parisien daté de 2017, “Var : l’érosion de la côte s’accélère”.

La ville de Bandol concentre les 2 types de morphologie côtière. Elle est donc concernée à double titre, et fait le constat de cette accélération avec des plages en centre-ville et un rivage naturel qui se détériorent.

L’érosion : une problématique physique, un enjeu social, une solution politique

Comme tous les problèmes à résoudre, la solution est souvent sous-entendue dans l’énoncé. Si l’érosion est la résultante de phénomènes naturels contre lesquels on ne peut rien, elle est en revanche accélérée et impactante dans le cadre des implantations anthropiques. Souvent pointées dans des rapports ou documents d’urbanisme, la pollution et l’artificialisation des côtes sont régulièrement identifiées comme facteurs aggravants. Les scientifiques et les experts multiplient les études et affinent la connaissance. Malgré cela, certains paradigmes paraissent immuables. Très juteuses à court terme, les rentabilités foncières, résidentielles et touristiques semblent irrésistibles et la poule aux œufs d’or semble bien difficile à protéger… Alors avant que le cas de force majeure n’advienne, il est judicieux de réfléchir aux solutions d’adaptation à l’érosion mais surtout de les accepter. Cette stratégie locale devra, si elle veut porter ses fruits, passer par une éthique renouvelée de la gestion du territoire et une redéfinition sémantique : le bien public n’est pas la somme de biens privés ; le terme de “développement durable” doit être compris plus comme “évolution soutenable” que comme “croissance”, quelque soit sa couleur… Certaines solutions impliquent une renaturation et une nouvelle manière de penser l’aménagement urbain, mais cela nécessite aussi un changement collectif des mentalités.

(1) Pour l’année 2018, la Ville de Bandol a fait une demande à la DDTM pour un rechargement de 600m3 de sable, contre une moyenne de 300m3 les années précédentes.


Capelan – La falaise et le parking

Depuis sa création, notre association Bandol Littoral alerte la mairie de Bandol sur l’important risque d’érosion constaté depuis des années aux abords des petites falaises du Capelan.

Les arbres, trop près du bord, étaient régulièrement abattus  en raison du risque qu’ils présentaient d’entrainer un effondrement sous leur poids. Ces coupes ont dégradé le paysage emblématique des lieux sans apporter de solutions au phénomène, l’accélérant même en privant l’aplomb vertical de protection végétale.

Il était une fois une petite falaise…

2012

Interpellée lors d’un comité de quartier par le maire de l’époque [C.Palix], notre association se lance dans une réflexion sur le devenir du Capelan. L’actualité littorale est marquée par la sécurisation de la Presqu’île du Capelan, Espace Naturel Sensible propriété du département. Le profil abrupt est rabattu au mini bulldozer et les cavités sont comblées. Des arbres sont abattus, là encore. Le paysage a définitivement changé en quelques jours.

2014

Bandol Littoral élabore un plan de sécurisation doux comprenant une restauration du couvert végétal et une sensibilisation du public. Le principe est simple : il se base sur la stratégie nationale de gestion du trait de côte initiée en 2012 et préconise un recul du sentier sur cette propriété foncière municipale.

2016

Après quelques années d’échanges, le maire [alors, JP Joseph] convaincu par notre projet nous donne un accord de principe.

2017 

La mairie lance l’opération, d’abord avec le vote d’un budget au mois de Mars suivi d’une demande d’autorisation et de subvention à la DDTM en Juillet. Sur la base de notre dossier, l’accord est donné en Août par l’autorité territoriale. Une première phase de travaux concernant le recul Sud est réalisée en novembre 2017. Cela consiste simplement à reculer le grillage Sud de la clôture du parc du Capelan pour permettre au cheminement piéton extérieur de s’éloigner de la tête de falaise dangereuse.

Pendant ce temps-là, un autre projet municipal est né : un parking dans le parc municipal du Capelan ! D’abord présenté comme étant une «rumeur» , puis admis comme étant une simple «idée», pour finalement être présenté comme un projet “pour tous” par la mairie, le parking du Capelan va déclencher au mois de Septembre une pétition signée par 9000 personnes qui demandent son abandon et le respect de l’espace naturel.
Dès lors, la mairie coupe les relations avec notre association et refuse tout échange, enjoignant aux intermédiaires concernés de ne plus nous répondre.

Il n’y aura pas de campagne de sensibilisation ni auprès des scolaires, ni auprès du public. La suite des opérations appartient désormais strictement à la mairie qui ne souhaite plus de concertation. Bandol littoral poursuit néanmoins la démarche de sensibilisation -à sa mesure- sur le risque du site en particulier et d’érosion en général, avec des publications régulières et un visuel  « Moins près du bord, c’est plus sûr » pour informer a minima les usagers, nombreux à s’interroger sur les changements qui s’opèrent sans explications.

2018

Au printemps, la phase 2 concernant le recul du sentier à l’Ouest, à l’aplomb de la portion estimée la plus dangereuse, n’est toujours pas annoncée. On l’attend avant l’été… Au mois de Juin, les travaux du parking démarrent, et ce malgré une occupation des lieux par des habitants qui revendiquent le maintien de l’espace public de loisir, lesquels se feront déloger par une brigade de police.
Ce projet-là est réalisé.

Notre association met en garde la mairie sur la non compatibilité d’une telle réalisation en amont d’un site sensible dont une restauration écologique est projetée basée sur une reperméabilisation.

Nos appels de prudence n’ont pas suffi : en Août un accident grave fait une victime après une forte période pluvieuse. Depuis un an, nous ne sommes plus tenus informés des interventions prévues. En Novembre nous apprenons par un arrêté des “travaux de clôture et aménagement d’une rampe d’accès”  dans cet espace naturel. Est chargée de cette intervention la société Urbavar, spécialiste des travaux publics urbains et de voiries, régulièrement missionnée par la Ville de Bandol. Nos interrogations sur les modalités de cette phase 2 n’ont pas le temps d’aboutir. Le mur de pierre du Capelan s’effondre sous le poids de la pelleteuse. Le sentier littoral est aujourd’hui fermé depuis fin Novembre.

2019 ?

La DDTM n’était pas informée de l’effondrement ni de l’interruption du sentier littoral, ayant délégué par convention toute responsabilité de l’entretien à la municipalité. L’accès est officiellement interdit par arrêté municipal sous peine de verbalisation. 

Quant aux suites à attendre, notre dernière demande de rendez-vous en mairie est toujours “à l’étude” et les premiers mots du mail en réponse, “Madame, soyez rassurée, ces deux ouvrages* vont être traités. Leur sécurisation est actuellement effective.”  laissent sceptiques.

* la mention de “deux ouvrages” en question fait référence à un autre mur de soutènement effondré pendant l’été à Barry, juste avant celui du Capelan.

Un triste bilan mais un cap inchangé

Toute amertume décelable dans ces lignes n’est pas fortuite. À Bandol, comme ailleurs, le scénario est trop souvent répété par les politiques publiques d’un environnement négligé, ou même sacrifié derrière des discours engageants et vertueux.

L’objectif de notre association est de défendre le littoral et ses usagers. Après des années d’implication, les résultats ne sont pas là. Nous n’avons pas réussi à défendre les bonnes priorités face à la mairie qui reste focalisée sur des projets plus glorieux. Les associations proposent, les élus disposent.
L’année 2018 n’aura pas tenu les promesses qui se dessinaient fin 2016 et aura même concrétisé nos pire craintes : une victime, le sentier littoral fermé, le site du Capelan défiguré.

Ailleurs, le reste du littoral bandolais n’est pas moins à la peine : d’Est en Ouest, du port jusqu’aux Engraviers le sentier est jalonné de rubalises, de barrières et de panneaux de “Danger”, alors que de toute part le béton avance.

Loin de baisser les bras, notre association se prépare à une année chargée et accueillera toutes les bonnes volontés ! Aussi ténu soit-il, notre littoral naturel est essentiel. Les moyens ne manquent pas pour faire avancer cette évidence impérieuse qui comme l’eau saura trouver son chemin.

Pour tous, nous faisons le vœu d’un littoral en pleine santé, superbe et résilient.

 


Erosion, thématique de saison !

Dans le cadre d’un projet franco-italien contre l’érosion littorale, le projet MAREGOT (1), la ville de Grimaud a accueilli, le 18 octobre dernier, une rencontre sur le thème de l’“Erosion côtière, des solutions fondées sur la nature”,  sous la houlette du Conservatoire du Littoral.

Devant une salle pleine, les experts se sont succédés toute la journée à la tribune : Patrick Bazin du Conservatoire (en français), Ilaria Fasce pour le projet Maregot (en italien), ainsi que des représentants de l’UICN, de la DREAL, du CEREMA, du BRGM, de l’ONF (2)…  pour dresser un état du littoral et présenter des exemples de gestion douce : restauration écologique, renaturation, recul stratégique…

“Travailler avec” et non “lutter contre” la nature.

Ces méthodes de gestion basées sur un partenariat avec la nature sont dans la ligne directe de la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte qui préconise notamment la relocalisation et l’innovation en matière de génie écologique. Elle s’accompagne d’un programme d’actions de stratégies locales “pour adapter les territoires aux évolutions du littoral”. Elle marque une rupture avec l’hégémonie de l’infrastructure de défense “en dur” dont le bilan est très mitigé.

L’érosion est un phénomène naturel et la mobilité un fonctionnement normal des côtes, en particulier les côtes sableuses qui obéissent à un cycle alternatif d’érosion/accrétion. Pour les côtes rocheuses, c’est un peu différent, le rythme d’évolution est plus lent, parfois brutal, mais surtout irréversible. Et on se rend compte aujourd’hui que s’y opposer coûte très cher pour un résultat parfois contre-productif.

Ni bonne ni mauvaise

L’érosion n’est pas négative en soi. C’est un phénomène mécanique et physico-chimique de la matière. Comme le rappelle le Parc National des Calanques dans son plan paysager : sans l’érosion, les calanques n’existeraient pas !

Les plages, les criques, les falaises ont mis des milliers d’années à se façonner ainsi. Le processus évolutif du trait de côte enlève de la matière là, en rajoute ici ; la nature s’adapte, se déplace, se réinvente au fur et à mesure des tempêtes et des aléas. Les paysages que nous connaissons changent au fil du temps, un temps qui prend son temps. Sauf qu’aujourd’hui, ce temps géologique est accéléré par d’autres facteurs (urbanisation, changement climatique…), et l’érosion s’intensifie, parfois brutale. Il vaut mieux ne pas être là quand une falaise s’effondre ! Or justement, de plus en plus nous y sommes… C’est seulement lorsqu’il y a un enjeu en présence que l’on peut parler de risque.

Anticiper ce processus et s’adapter. Cette intelligence (au sens propre de inter ligere l’aptitude à s’adapter à une situation, à choisir en fonction des circonstances” d’après le Petit Larousse illustré) manque à nos sociétés rigides. Le temps n’est pas notre allié et nos ouvrages présomptueux s’offusquent de cette confrontation.

“Il s’agit d’un changement d’approche qui met en jeu une autre vision des choses que celle à laquelle nous sommes habitués.”  P Bazin

Aujourd’hui bravant les éléments après les avoir contrariés, nos villes sont désormais fixées sur un linéaire littoral incertain. La latence de l’échelle du temps nous donne l’illusion de la maîtrise et de la sécurité. La toute puissance dogmatique du béton amplifie cette illusion. En arrière-plan, l’érosion ronge.

En jeu, ce sont alors la sécurité des personnes et l’avenir des activités implantées près du bord côtier.

Le Projet Adapto

Depuis 2012, le Conservatoire du Littoral a participé activement aux travaux de la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte. Ayant vocation de propriétaire foncier littoral, le Conservatoire est particulièrement concerné puisque 20% de son territoire est menacé par l’érosion ou la submersion !

En 2015, il lance Adapto pour une phase d’expérimentation des principes d’actions développés en amont, où il promeut des stratégies innovantes de gestion souple du trait de côte, comme dans la baie de Lancieux (Côtes d’Armor) : http://www.set-revue.fr/focus-le-programme-adapto-et-les-premieres-reflexions-menees-sur-le-site-de-la-baie-de-lancieux

“Préserver et valoriser les espaces naturels littoraux constitue une solution efficace et peu coûteuse pour atténuer les effets du changement climatique et s’y adapter.”

Le changement climatique change la donne d’un phénomène déjà prégnant. L’érosion est une réalité physique qu’il faut prendre en compte et ceci le plus tôt possible. L’adaptation est urgente. Les experts ont fait leur part. Il est temps maintenant pour les élus d’agir.

Un exemple d’adaption à Bandol avec le retrait programmé du sentier littoral du Capelan, amorcé en Hiver 2017…

(1) Projet MAREGOT : MAnagement des Risques d’Erosion côtière et actions de GOuvernance Transfontalières (France-Italie)

(2) Glossaire :
UICN : L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) est une union de Membres composée de gouvernements et d’organisations de la société civile –
https://uicn.fr/
DREAL : Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement – http://www.paca.developpement-durable.gouv.fr/
CEREMA : Le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement est un établissement public d’expertise
pour le développement et la cohésion des territoires –  https://www.cerema.fr/fr
BRGM : Bureau de Recherches Géologiques et Minières – http://www.brgm.fr/
ONF :


Maux de pluie

La pluie tombe du ciel et fait grandir les ruisseaux. Les grenouilles adorent. Les citadins beaucoup moins. Allez savoir pourquoi ?

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Communiqué sur le projet de parking au Capelan

 

La création d’un parking dans l’enceinte du parc n’est pas compatible avec les principes de gestion d’un espace naturel en érosion.

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Où est passé le sable ?

Le sable est parti.

Dans la baie de Bandol, la plage du Lido s’est tellement amaigrie qu’elle semble aujourd’hui à peine pouvoir accueillir la structure du Mantra, le restaurant démontable que la grue vient déposer chaque nouvelle saison, depuis la destruction de l’ancien établissement emblématique Le Lido. Là, la terrasse en bois a presque les pieds dans l’eau, que contournent surfeurs et promeneurs.

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Capelan, le retrait du sentier

Un retrait du sentier littoral au Capelan : on en rêvait. La mairie l’a fait  !

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LE CAPELAN, pour une mise en protection du site

Préconisations de Bandol Littoral

Le Capelan, en amorce du sentier littoral vers St Cyr,
est particulièrement fréquenté par les promeneurs, sportifs et randonneurs.

 

Un littoral en érosion

Depuis quelques années, la forte dégradation de la promenade du Capelan est inquiétante. Interpellés par le maire de Bandol en 2012 sur le devenir du Capelan à l’occasion de la sécurisation de la Presqu’île, nous avons élaboré un projet en réponse à la problématique croissante d’érosion dans cette zone de petites falaises.

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